Le Front de libération nationale (FLN) porte un discours anticolonialiste à la rencontre de Sotchi.
Le Front de libération nationale (FLN) a défendu à Sotchi une vision d’un « nouvel ordre mondial multipolaire », lors de la réunion du Comité permanent contre les pratiques néocoloniales modernes. La participation du secrétaire général du parti, Abdelkrim Benmbarek, s’inscrit dans une séquence diplomatique marquée par une intensification des discours anti-occidentaux de l’Algérie, ont indiqué les organisateurs russes.
Au cours de cette rencontre tenue du 13 au 16 novembre, Benmbarek a repris les éléments de langage habituels du FLN, affirmant que l’Algérie « sous la direction du président Abdelmadjid Tebboune » soutient « les causes justes dans le monde » et milite pour un ordre international reposant sur « la justice et l’égalité ». Selon le communiqué du parti, il a dénoncé des « formes nouvelles de néocolonialisme » qui viseraient à « subjuguer les peuples » et à « restreindre leur volonté nationale ». Ces déclarations interviennent alors qu’Alger multiplie les tribunes idéologiques sur la scène internationale, sans toujours les traduire en initiatives diplomatiques concrètes.
La participation du FLN intervient dans un contexte où les autorités algériennes cherchent à renforcer leur visibilité internationale tout en maintenant une ligne diplomatique hostile aux anciennes puissances coloniales.
En marge des travaux, Benmbarek a rencontré Demidov Anton Ivashevich, président de l’Organisation de la jeunesse de Russie Unie. Les deux responsables ont évoqué, selon le FLN, la nécessité de « renforcer les liens entre les jeunesses » des deux formations.
Cette communication contraste avec la faible capacité du FLN à engager sa propre jeunesse dans les enjeux politiques internes, notent plusieurs observateurs. Le parti assure pourtant que les relations entre les deux pays connaissent un « développement concret », sous l’impulsion des présidents Tebboune et Vladimir Poutine.
Dans son intervention, Benmbarek a également mis en avant la cause sahraouie et la cause palestinienne, désormais systématiquement intégrées dans les discours officiels algériens relatifs au « néocolonialisme ». Selon lui, l’Algérie s’oppose à toutes les « guerres hybrides » et aux « tentatives d’implosion » des États, en accusant des acteurs étrangers de manipuler les sociétés via la « quatrième génération » des conflits. Ce vocabulaire, régulièrement employé par les autorités algériennes, vise à décrire des menaces externes sans évoquer les facteurs internes d’instabilité, notamment économiques et sociaux.
Le FLN a enfin présenté la « lutte du peuple algérien » comme un modèle contre la dépendance et le « pillage des ressources » dans les pays en développement. Pourtant, plusieurs experts soulignent que l’Algérie, exportatrice d’hydrocarbures, reste dépendante de marchés extérieurs et peine à diversifier son économie. Malgré la volonté affichée de se poser « à l’avant-garde » des combats contre les ingérences, le pays demeure confronté à une gouvernance centralisée, à une faible attractivité économique et à une jeunesse largement éloignée des sphères de décision.
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