La Banque mondiale et FMI encensent la résilience de l’économie algérienne, malgré des fragilités structurelles persistantes, et appellent à une plus grande diversification de l’économie.
L’Algérie affiche, selon la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), des performances macroéconomiques encourageantes. Dans son dernier rapport sur les perspectives économiques régionales (MENAAP), la Banque mondiale a relevé ses prévisions de croissance pour 2025 à 3,8 %, soit 0,6 point de plus que ses estimations d’avril. Le FMI, de son côté, évoque une reprise « solide » tirée par la hausse des prix des hydrocarbures et une politique budgétaire expansionniste.
Mais derrière ces chiffres flatteurs, de nombreuses failles structurelles demeurent. L’économie algérienne, toujours largement dépendante des recettes pétrolières et gazières, peine à traduire sa « diversification » en résultats tangibles. Près de 90 % des exportations du pays proviennent encore du secteur des hydrocarbures, tandis que la contribution industrielle hors énergie reste marginale.
La Banque mondiale attribue la révision de ses prévisions à « l’accélération de l’activité hors hydrocarbures » et à une reprise de la consommation des ménages. Pourtant, cette croissance reste soutenue par des dépenses publiques massives, un endettement intérieur croissant et un marché informel qui échappe toujours à la fiscalité. L’investissement privé demeure limité, freiné par un climat des affaires instable et une bureaucratie persistante.
Le rapport du FMI souligne également les « progrès » réalisés dans les réformes structurelles, comme la création d’un cadre pour les banques numériques ou la régulation du système financier. Toutefois, ces mesures restent embryonnaires, et les institutions internationales elles-mêmes admettent que 13 réformes majeures restent à mettre en œuvre.
La réduction de l’inflation à 2,8 % prévue pour 2025 repose avant tout sur la stabilité artificielle des prix administrés et la forte subvention de nombreux produits de base. Cette stratégie, coûteuse pour le Trésor, ne saurait compenser l’absence de diversification productive. Par ailleurs, la dette publique — largement domestique — continue de se creuser, tandis que les réserves de change s’érodent sous l’effet d’importations croissantes.
Le FMI prévoit un retour à la stabilité de la dette d’ici 2028, à condition que la consolidation budgétaire soit respectée. Une hypothèse optimiste dans un contexte marqué par les dépenses sociales et la fragilité politique d’un régime confronté à une démographie jeune et à un chômage endémique.
Le président Abdelmadjid Tebboune, réélu en 2024, revendique la paternité de ce redressement et multiplie les annonces d’investissements publics. Mais cette « diversification » reste largement pilotée par l’État, sans réelle ouverture à l’investissement étranger ni modernisation institutionnelle. Les lourdeurs administratives, la faiblesse du secteur privé et la dépendance à la rente énergétique continuent de freiner toute transformation structurelle.
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