Le ministre libyen des Affaires étrangères a reçu jeudi l’ambassadeur de Russie, au lendemain des accusations de Moscou selon lesquelles le gouvernement d’unité nationale collaborerait avec l’Ukraine pour soutenir des groupes terroristes au Sahel.
Le ministre libyen des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Taher Al-Baour, s’est entretenu jeudi à Tripoli avec l’ambassadeur de Russie en Libye, Aidar Rashid Aghanin, a annoncé le ministère dans un communiqué. Les discussions ont porté sur les relations bilatérales, la coopération économique et les développements régionaux, dans un contexte diplomatique marqué par de nouvelles tensions entre Moscou et le gouvernement libyen d’unité nationale (GNU).
Cette rencontre intervient au lendemain des accusations formulées par la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, selon lesquelles Kiev et le GNU auraient coordonné la fourniture de drones d’attaque et la formation de militants actifs dans la région du Sahel. Moscou affirme que ces activités viseraient à déstabiliser les zones sous influence russe en Afrique. Ni l’Ukraine ni le gouvernement libyen n’ont officiellement réagi à ces allégations, qualifiées par plusieurs observateurs de tentative de pression politique sur Tripoli.
Malgré ces accusations, les deux parties ont réaffirmé leur volonté de maintenir le dialogue diplomatique. Selon le communiqué du ministère libyen, la réunion de jeudi a permis d’« examiner les perspectives de coopération dans les domaines politique, économique et sécuritaire » et de « coordonner les positions sur plusieurs dossiers régionaux ».
La Russie, présente militairement dans l’est du pays via le groupe paramilitaire Africa Corps, héritier du réseau Wagner, entretient des relations ambivalentes avec le gouvernement basé à Tripoli et reconnu par les Nations Unies. Les échanges bilatéraux avaient repris en 2023 après plusieurs années de gel, Moscou cherchant à consolider son influence dans le bassin méditerranéen et au Sahel.
Cette rencontre diplomatique s’inscrit donc dans une tentative d’apaisement entre les deux capitales, alors que la Libye reste divisée entre deux autorités rivales et que la Russie multiplie ses signaux d’alerte sur la présence d’acteurs occidentaux dans la région sahélienne.
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