L’Union des cadres chrétiens du Tchad (UCCT) accuse l’État de dérive confessionnelle et appelle Mahamat Idriss Déby Itno à réaffirmer la laïcité et à protéger les communautés chrétiennes.
Dans une lettre ouverte, au contenu explosif, l’Union des cadres chrétiens du Tchad (UCCT) a interpellé le Président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno sur le caractère laïc de l’Etat et appelle à mettre fin aux discriminations religieuses.
La lettre de six pages, signée le 11 septembre par 7 responsables des organisations qui composent l’UCCT, a fuité dans la presse ce 26 septembre.
Dans cette lettre ouverte, les signataires pointent plusieurs faits : l’imprégnation d’une seule confession dans les institutions publiques, l’édification de lieux de culte musulmans dans des bâtiments de l’État, l’organisation du Hadj par le gouvernement, ainsi que la nomination de membres au Conseil Supérieur des Affaires islamiques.
Ils relèvent aussi une série d’incidents visant l’Église catholique : profanations de lieux de culte, agressions contre des prêtres et évêques, actes de vandalisme et difficultés pour les chrétiens d’acquérir des terrains, notamment dans le Nord et l’Est du pays.
Selon l’UCCT, ces pratiques accentuent une « confessionnalisation » de la République, en contradiction avec l’esprit de neutralité prôné par la Constitution.
Sur la gestion des conflits communautaires (agriculteurs-éleveurs), l’UCCT dénonce un manque d’impartialité. L’organisation cite en exemple le cas de l’événement de Mandakaou où l’Etat s’est constitué « partie civile ».
« Cet écart manifeste de traitement, selon que les victimes soient issues du Sud (chrétien) ou du Nord (musulman), installe un sentiment profond d’injustice et de mépris, contraire à l’esprit républicain », écrivent les signataires.
L’accès aux responsabilités publiques, aux instances de décision aussi bien que le commerce par les chrétiens, l’accaparement des terres des agriculteurs, la déportation d’enfants originaires du Sud vers le Nord, le code pastoral en cours d’élaboration, sont autant d’autres points que l’UCCT fustige.
L’Union des cadres chrétiens appelle le Président à restaurer pleinement la laïcité républicaine, à garantir la protection des communautés chrétiennes et à mettre fin aux discriminations religieuses.
CA/ac/Sf/APA







