Avec 43 pays participants et plus de 8 000 soldats engagés, l’exercice Bright Star 2025, organisé à la base de Mohamed Naguib, illustre la montée en puissance de l’armée égyptienne et son positionnement comme acteur central de la sécurité au Moyen-Orient.
Lancé le 28 août et prévu jusqu’au 10 septembre, Bright Star 2025 marque un tournant dans les grandes manœuvres militaires régionales. Initiées en 1980 comme exercice bilatéral entre l’Égypte et les États-Unis, ces manœuvres sont devenues la plus vaste opération multinationale du Moyen-Orient. Cette 19e édition réunit 14 pays contributeurs actifs — dont les forces américaines — et 29 pays observateurs, aux côtés d’organisations comme l’OTAN et le Comité international de la Croix-Rouge.
Le caractère inédit de la participation, associant forces terrestres, aériennes, navales et spéciales, traduit une volonté de préparer les armées à des menaces multiples : conflits conventionnels, terrorisme, guerre chimique, cyberattaques ou encore drones offensifs. L’usage de munitions réelles et la diversité des scénarios renforcent la dimension réaliste des exercices. « Bright Star 2025 est une démonstration de puissance militaire et diplomatique, mais aussi un laboratoire d’échanges tactiques », résume le général Mohamed Al-Ghobary, expert militaire.
L’Égypte met à profit sa capacité logistique et son infrastructure moderne — bases de Mohamed Naguib, Hussein Tantawi ou Bernis — pour accueillir des forces d’envergure. Cette aptitude, saluée par le commandement américain, conforte Le Caire dans son rôle de pivot sécuritaire régional. La présence d’observateurs de 33 pays confirme par ailleurs l’attrait du modèle égyptien en matière de lutte antiterroriste, forgé par des décennies de combats dans le Sinaï et reconnu comme référence.
Les manœuvres ne se limitent pas au militaire. Elles constituent aussi une vitrine pour l’industrie de défense nationale, avec la présentation d’équipements produits localement. En parallèle, elles véhiculent un message politique clair : dans un Moyen-Orient marqué par les tensions, l’Égypte entend rappeler sa préparation au combat et son rôle de médiateur sécuritaire.
Au-delà de l’entraînement, Bright Star 2025 s’impose donc comme un outil de dissuasion et de diplomatie militaire. L’organisation réussie de cet exercice massif, mobilisant des moyens colossaux et une coordination internationale complexe, confère à l’Égypte une visibilité stratégique renforcée, confirmant sa place parmi les quinze premières puissances militaires mondiales.
MK/ac/APA






