La ministre nigériane des Affaires étrangères a présidé samedi à Uyo un séminaire stratégique destiné aux ambassadeurs et hauts-commissaires désignés auprès des pays de la Cédéao, leur fixant un agenda exigeant articulé autour de la stabilité démocratique, de la diplomatie économique et de la sécurité transfrontalière.
« Vos postes ne sont pas des affectations diplomatiques de routine. Ce sont des déploiements stratégiques en première ligne de nos intérêts nationaux », a déclaré samedi la ministre nigériane des Affaires étrangères, Bianca Odumegwu-Ojukwu, lors d’un séminaire stratégique tenu à l’hôtel Ceedapeg d’Uyo, dans l’État d’Akwa Ibom.
S’adressant aux ambassadeurs et hauts-commissaires désignés auprès des pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), la ministre a rappelé que le président Bola Ahmed Tinubu nourrit de « très hautes attentes » à leur égard : « Notre politique étrangère doit délivrer paix, sécurité et prospérité économique pour la région. »
Démocratie et coups d’État dans le viseur
Odumegwu-Ojukwu a placé la défense de la démocratie au sommet des priorités assignées aux nouveaux envoyés. « Le Nigeria s’oppose fermement à tout changement inconstitutionnel de pouvoir. Vous devez engager vos gouvernements hôtes pour renforcer les institutions démocratiques, défendre l’état de droit, les droits humains et la bonne gouvernance », a-t-elle martelé, déplorant que les changements anticonstitutionnels de gouvernement aient « mis à rude épreuve la cohésion régionale » de la Cédéao.
Sur le front sécuritaire, elle a souligné que « la vague de terrorisme à travers le Sahel a un impact direct sur le Nigeria » et appelé à intensifier la coopération en matière de renseignement et à démanteler les réseaux de contrebande et de trafic transfrontaliers. « Une Afrique de l’Ouest sécurisée est un prérequis pour un Nigeria sécurisé », a-t-elle affirmé.
Diplomatie économique et protection des diasporas
La ministre a également exhorté les diplomates à « poursuivre agressivement la diplomatie économique », en démantelant les barrières non tarifaires qui pénalisent les entreprises nigérianes et en valorisant les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Quant aux millions de Nigérians résidant dans les pays de la Cédéao, leur protection est « non négociable » : « Vos ambassades doivent devenir des refuges sûrs et des centres de services efficaces », a-t-elle instruit, appelant à traiter la diaspora comme « des partenaires au développement, pas seulement comme des sujets consulaires ».
Le séminaire d’Uyo fait suite à un programme d’induction tenu en avril 2026 au ministère des Affaires étrangères à Abuja pour l’ensemble du corps diplomatique désigné.
AC/APA






