Le ministre ivoirien de l’Équipement et de l’Entretien routier, Dr Amédé Koffi Kouakou, a procédé ce lundi 14 avril 2025, à Abidjan, à l’ouverture du Séminaire international sur les terrassements et les routes non revêtues durables et résilientes face au changement climatique.
Un séminaire international sur les routes face au changement climatique se tient du 14 au 16 avril 2025 au complexe CRRAE-UEMOA, au Plateau, le centre des affaires d’Abidjan. Il réunit plusieurs experts du secteur des infrastructures routières, venus de diverses régions du monde.
A l’ouverture des travaux, le ministre Amédé Koffi Kouakou, a salué la présence des experts internationaux de la PIARC (Association mondiale de la route), ainsi que celle de nombreux partenaires africains.
Dr Amédé Koffi Kouakou a, dans une allocution, insisté sur la nécessité d’une coopération transnationale pour faire face aux effets néfastes du changement climatique sur les infrastructures routières.
« Face aux défis du climat, il nous faut des infrastructures intelligentes, résilientes et durables. Et cela passe par l’innovation, la coopération et la mutualisation de nos expériences », a déclaré le ministre ivoirien de l’Équipement et de l’entretien routier.

Selon Amédé Kouakou, la Côte d’Ivoire dispose d’un réseau routier interurbain de plus de 82 000 Km, dont à peine 10% sont revêtus. Ce réseau est exposé aux aléas climatiques tels que les inondations, l’érosion, les fissures et la sécheresse, entre autres.
Le ministre Amédé Kouakou a souligné que les routes en terre, essentielles au désenclavement des zones rurales, représentent un enjeu de souveraineté, de développement et de justice territoriale, ajoutant que « le défi est immense, mais notre détermination l’est tout autant ».
« Nous avons engagé des réformes profondes et des actions concrètes pour améliorer la durabilité de nos routes non revêtues », a-t-il lancé, évoquant la mise en œuvre du Programme pluriannuel 2023-2025, qui prévoit l’entretien de 40 000 Km de routes non revêtues, en collaboration avec plus de 160 PME ivoiriennes.
Ce programme est accompagné d’un effort de modernisation technologique, à travers la numérisation du réseau, l’exploitation de bases de données, le recours à l’intelligence artificielle, et la priorisation des interventions à faible empreinte carbone.
Il a également annoncé l’élaboration, en cours, d’un Guide national des terrassements, sous la coordination du Laboratoire du bâtiment et des travaux publics (LBTP), afin d’uniformiser les pratiques techniques à l’échelle nationale.
Poursuivant, le ministre a lancé un appel solennel à la coopération internationale, insistant sur l’importance du partage des savoir-faire pour construire un réseau routier africain plus inclusif, durable et résilient face aux effets du climat.
« Ce séminaire n’est pas une simple vitrine. Il doit être un levier pour bâtir ensemble une nouvelle génération d’infrastructures résilientes. Nous comptons sur votre expertise, votre engagement et votre esprit de coopération pour faire avancer cette ambition commune », a-t-il dit.

Germain Kouakou Yao, le directeur des Infrastructures routières, s’est réjoui de la présence d’experts de haut niveau, ce qui permettrait le partage de connaissances autour du changement climatique. Il a fait observer qu’en Côte d’Ivoire, les impacts sont bien réels sur le réseau routier.
De son côté, Dr Paulin Maxime Yao Kouassi, le président du Comité national Côte d’Ivoire-Route (CNCI-Route), a salué l’initiative, estimant que ce séminaire représente une opportunité précieuse pour échanger sur les meilleures pratiques, les technologies innovantes et les stratégies de gestion.
Cheick Oumar Diallo, le président de l’Association des gestionnaires et partenaires africains de la route (AGEPAR), a invité les experts des comités nationaux à prendre une part active aux travaux sur la résilience climatique des infrastructures routières.
Le séminaire qui se poursuivra jusqu’au 16 avril, sera animé de panels, d’ateliers et de sessions techniques, visant à formuler des solutions pratiques pour l’adaptation des routes non revêtues dans les pays en développement.
Cette rencontre marque un tournant stratégique dans l’approche de l’entretien routier sur le continent africain, en plaçant la résilience climatique au cœur des politiques d’infrastructure.
AP/Sf/APA






