La justice tunisienne a reporté au 19 septembre le procès de l’homme d’affaires Ridha Charfeddine. Ce renvoi illustre l’hermétisme d’un dossier emblématique des liaisons entre politique, économie et justice.
Le procès de l’homme d’affaires et ancien dirigeant sportif Ridha Charfeddine, prévu initialement ce mardi 22 juillet, a été renvoyé au 19 septembre 2025 par la chambre correctionnelle d’été du tribunal de première instance de Tunis.
Ce report est officiellement justifié par la nécessité d’approfondir l’instruction et d’examiner de nouveaux éléments versés au dossier. Mais pour de nombreux observateurs, il reflète avant tout la lenteur et l’opacité d’un appareil judiciaire qui peine à trancher dans les affaires mêlant figures économiques et sphères politiques.
Ridha Charfeddine, fondateur du groupe pharmaceutique Unimed et ex-président de l’Étoile sportive du Sahel, fait face à des accusations dont la nature exacte n’a pas été rendue publique, alimentant les spéculations.
Des médias évoquent des soupçons de blanchiment, d’abus de biens sociaux et de conflits d’intérêts, dans le sillage de la campagne de « purification économique » lancée par l’exécutif.
Depuis l’élection de Kaïs Saïed, plusieurs hommes d’affaires influents ont été poursuivis ou placés en détention dans des conditions controversées.
Si le pouvoir affirme vouloir restaurer l’intégrité de la vie publique, ses détracteurs dénoncent une instrumentalisation de la justice à des fins de mise au pas politique.
Le report du procès Charfeddine pourrait ouvrir une période d’intenses tractations dans les coulisses, dans un contexte politique polarisé et de défiance croissante envers les institutions.
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