Le Mali, appuyé par le Burkina Faso et le Niger, a contesté l’examen d’un rapport consacré à l’Ukraine lors des assemblées des États membres de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), organisées du 7 au 15 juillet à Genève. Les trois pays ont dénoncé l’introduction, selon eux, de considérations politiques dans une organisation à vocation essentiellement technique.
Inscrit au point 18 de l’ordre du jour, le document, élaboré par le secrétariat de l’OMPI, présente les activités menées entre juillet 2025 et juin 2026 pour soutenir le secteur ukrainien de l’innovation, de la créativité et de la propriété intellectuelle.
Le rapport détaille plus d’une trentaine de consultations avec les institutions ukrainiennes et met en avant les actions entreprises pour accompagner la stratégie nationale de propriété intellectuelle, la numérisation des services, la formation des acteurs du secteur ainsi que le soutien aux créateurs, aux entreprises, aux universités et aux juridictions spécialisées.
Prenant la parole au nom de sa délégation, le Mali a estimé que l’examen de ce rapport dépassait le mandat technique de l’organisation et risquait de porter atteinte aux principes de neutralité, d’impartialité et de spécialité qui régissent les institutions multilatérales. Le Burkina Faso et le Niger ont exprimé leur soutien à cette position, plaidant pour que l’OMPI demeure centrée sur ses missions statutaires.
Cette prise de position s’inscrit dans le prolongement des tensions diplomatiques entre les pays de la Confédération des États du Sahel (AES) et l’Ukraine depuis les affrontements de Tinzaouatène, dans le nord du Mali, en juillet 2024. À la suite de déclarations d’un responsable du renseignement militaire ukrainien, interprétées par Bamako comme un aveu d’implication de Kiev aux côtés de groupes armés opérant dans le nord du pays, le Mali avait rompu ses relations diplomatiques avec l’Ukraine le 4 août 2024.
Le Niger avait emboîté le pas deux jours plus tard, tandis que le Burkina Faso, sans annoncer de rupture officielle, s’était associé aux deux autres pays dans une lettre adressée le 19 août 2024 au Conseil de sécurité des Nations unies, accusant l’Ukraine de soutenir des groupes armés au Sahel. Kiev a toujours rejeté ces accusations, affirmant qu’aucun élément de preuve ne démontrait une quelconque implication dans ces événements.
Le rapport de synthèse publié à l’issue des assemblées de l’OMPI fait état des échanges intervenus sur ce dossier, sans mentionner de vote. Le compte rendu intégral des débats et des interventions des délégations est attendu au cours du mois d’août.
MD/te/APA







