L’Intelligence artificielle (IA) fait émerger de nouvelles fonctions et compétences avec l’automatisation des tâches, entraînant des risques de suppression d’emplois dans certains secteurs et une transformation radicale de nombreux métiers existants.
A l’occasion de la 18e édition de Orange Business Live, tenue ce jeudi 25 septembre 2025, à Abidjan, autour de l’impact de l’IA sur l’emploi et les métiers, Mme Marie France Fofana, directrice des Ressources humaines d’Orange Côte d’Ivoire, a relevé un problème d’adéquation entre les formations et les réalités des entreprises.
Cela, dira-t-elle, amène des entreprises à nouer des partenariats, faisant recours à des compétences extérieures. Elle confiera même « qu’on s’intéresse à des contrats de consultants » ou de « type hybride », tout en appelant les jeunes et les travailleurs à s’auto-former face à la révolution digitale.
Pour elle, avec « Internet, le monde du possible est libéré ». Cet écosystème, aiguillé par l’IA, transforme profondément l’emploi en automatisant des tâches, et pour préserver les emplois existants, les employés doivent acquérir de nouveaux talents.
Les jeunes qui constituent la relève de demain « doivent apprendre, faire des formations en ligne, et s’adapter aux changements », a-t-elle conseillé. Car, ainsi, ils pourront acquérir des capacités et des compétences pour être des acteurs de la transformation du pays.
Fitzgerald Bony, directeur adjoint des opérations B2B chez Orange Côte d’Ivoire, a fait observer que la gouvernance digitale s’impose aujourd’hui au sein des entreprises ; et chaque salarié doit « se former et tester l’IA » dans l’exécution de ses tâches.
D’ailleurs, dans l’optique de partager les expériences entre les employés du groupe, ce géant de la téléphonie et des télécoms, organise « des ateliers et des comités de direction croisés » avec d’autres firmes, ce qui permet de s’ouvrir à d’autres problématiques et challenges.
« On manque un peu d’industrialisation », a-t-il fait remarquer en allusion à la transformation des matières premières, soutenant qu’ « avoir une chaîne d’industrialisation est indispensable » pour accélérer la transformation digitale de l’économie ivoirienne.
L’IA offre un éventail d’opportunités. Au niveau de la vente, qui requiert beaucoup de collectes d’informations, M. Fitzgerald Bony a démontré que « l’IA peut nous permettre d’avoir des fichiers et faciliter les analyses » afin de calibrer sa stratégie et ses offres.
Fitzgerald Bony estime que « l’IA doit nourrir l’économie ivoirienne », qui repose sur l’agriculture, ce qui va permettre « de transformer la vie du paysan, savoir comment fonctionne la météo et assurer la traçabilité des produits agricoles depuis les plantations jusqu’à l’exportation ».
Dans la même veine, Mme Marie France Fofana a insisté que « l’industrialisation massive va transformer l’économie et la société » dans l’élan de développement du pays. Toutefois, l’Etat a un rôle à jouer pour accompagner les innovations à travers des normes et des lois.
Concernant la transformation des emplois, l’Organisation Internationale du Travail (OIT) estime que plus d’un emploi sur quatre dans le monde pourrait être transformé par l’IA générative. D’où les travailleurs devront développer des compétences techniques pour être à la hauteur des défis de demain.
AP/APA




