Le gouvernement égyptien présente la première ligne ferroviaire à grande vitesse LGV comme un « canal de Suez sur rails », destinée à relier Aïn Sokhna à la côte méditerranéenne et à structurer un nouveau corridor logistique national.
La première ligne de train électrique à grande vitesse d’Égypte doit jouer le rôle d’un « canal de Suez sur rails » en assurant une liaison terrestre entre la mer Rouge et la mer Méditerranée, a déclaré le ministre des Transports Kamel al-Wazir lors d’une visite d’inspection du chantier. Le tracé relie Aïn Sokhna à Alamein et Matrouh, dans le cadre d’un vaste programme de modernisation ferroviaire porté par l’État.
Au cours de cette visite, le ministre s’est rendu à l’atelier des Jardins d’Octobre, un centre d’exploitation et de maintenance s’étendant sur 234 hectares. Selon le communiqué du ministère, il s’agit de l’un des plus importants complexes ferroviaires de la région. Le site comprend 46 bâtiments, dont un atelier de maintenance lourde de 67 000 m² et un centre de contrôle présenté comme l’un des plus importants d’Afrique et du Moyen-Orient. L’infrastructure est conçue pour accueillir jusqu’à 50 trains et locomotives et pour assurer l’exploitation des trois lignes prévues dans le cadre du futur réseau à grande vitesse.
Le projet mobilise plusieurs consortiums industriels. Un partenariat réunissant Orascom Construction et Al Rowad assure les travaux de génie civil, d’architecture et d’infrastructure. Un second groupement, composé de Siemens Mobility, d’Orascom Construction et d’Arab Contractors, est chargé de l’installation des voies, des systèmes de signalisation, de l’alimentation électrique et des dispositifs de contrôle.
Sur le plan de l’avancement, l’Autorité nationale des tunnels (NAT) a indiqué que 88,3 kilomètres de voies ont été posés dans le secteur du Nil oriental, 18 kilomètres dans le secteur du Nil occidental et 27 kilomètres dans le secteur nord. Certaines sections ont été confiées au consortium dirigé par Siemens pour la pose du ballast et l’installation des mâts de caténaire. Le ministre a ordonné la poursuite des travaux 24 heures sur 24 afin de respecter les délais et les standards de qualité.
Les autorités présentent ce réseau comme un pilier de la transition vers un transport vert et durable, en cohérence avec la Vision Égypte 2030 et la stratégie nationale pour le climat. Au-delà de l’argument environnemental, le projet vise à renforcer l’efficacité de la chaîne logistique, attirer les investissements et soutenir le développement urbain en connectant de nouvelles zones aux pôles existants. En articulant mer Rouge et Méditerranée par voie ferrée, Le Caire entend ainsi consolider sa position de plateforme régionale de transit, en complément du canal maritime historique.
MK/AK/Sf/APA





