Le ministère algérien de l’Intérieur a demandé aux walis d’intensifier les inspections des projets prioritaires et de lever les obstacles à leur réalisation, sans toutefois publier de bilan chiffré des retards ni de calendrier consolidé des livraisons.
Les walis algériens ont multiplié les sorties de terrain afin de contrôler l’avancement des programmes de développement, conformément aux instructions du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a indiqué samedi un communiqué relayé par l’agence officielle APS.
Les inspections concernent notamment l’habitat, la santé, l’éducation, l’approvisionnement en eau, l’aménagement urbain, les routes et les équipements sportifs. Les autorités locales ont été chargées d’évaluer les taux de réalisation, de contrôler le rythme des travaux et d’identifier les contraintes administratives, foncières ou techniques qui freinent les chantiers.
Les entreprises de réalisation et les maîtres d’œuvre ont reçu pour instruction de respecter les délais contractuels, d’accélérer les travaux et de se conformer aux normes de qualité. La répétition de ces consignes traduit toutefois les difficultés persistantes rencontrées par plusieurs programmes publics, régulièrement confrontés à des lenteurs administratives, à la libération tardive du foncier ou à une coordination insuffisante entre les intervenants.
Le communiqué ne précise ni le nombre de projets inspectés, ni leur coût global, ni la proportion des chantiers accusant un retard. Aucun mécanisme de sanction, objectif quantifié ou échéancier détaillé n’a également été annoncé, limitant la possibilité d’évaluer concrètement les effets de cette nouvelle mobilisation des walis.
Cette pression administrative intervient au moment où l’Algérie cherche à accélérer plusieurs projets industriels destinés à réduire sa dépendance aux hydrocarbures. La mine de zinc et de plomb d’Amizour-Tala Hamza, dans la wilaya de Béjaïa, demeure notamment confrontée à des enjeux fonciers et environnementaux, tandis que son entrée effective en exploitation nécessite encore plusieurs années de travaux préparatoires.
Le projet intégré de phosphate de Bled El-Hadba, dans la wilaya de Tébessa, exige pour sa part une coordination entre l’extraction minière, le transport ferroviaire et les unités de transformation. Ces deux projets illustrent l’écart qui peut subsister entre les annonces de diversification économique et leur traduction industrielle.
Le ministère présente les inspections comme un moyen d’instaurer une gouvernance locale plus efficace et d’améliorer les services publics. Leur portée dépendra cependant de la publication de résultats vérifiables sur les délais, les dépenses engagées et la mise en service effective des infrastructures.
MK/Sf/APA







