Alors que les autorités algériennes multiplient les annonces sur l’économie circulaire et les ressources minières stratégiques, la dernière réunion du gouvernement présidée par le Premier ministre Sifi Ghrieb illustre surtout la persistance d’un modèle fondé sur des projets dont les promesses dépassent encore largement les réalisations concrètes.
Réuni mardi, l’exécutif algérien a fait le point sur un projet de valorisation des saumures issues des stations de dessalement, présenté comme une illustration de la transition vers une économie circulaire souhaitée par le président Abdelmadjid Tebboune. L’objectif est de transformer ces rejets en sels destinés à différents usages industriels afin de limiter leur impact environnemental.
À ce stade, cependant, le projet se limite essentiellement à l’identification d’une technologie de traitement et à la mise en place d’une station pilote sur le site de dessalement de Corso. Aucune échéance industrielle, aucun objectif de production ni aucune estimation des retombées économiques n’ont été rendus publics, laissant planer des interrogations sur la capacité de cette initiative à dépasser le stade expérimental.
Le même constat s’impose pour les trois grands projets miniers qualifiés de stratégiques par les autorités. Le gouvernement affirme que des progrès ont été enregistrés concernant les infrastructures, les installations industrielles ainsi que l’alimentation des sites en eau et en énergie. Mais ces avancées concernent essentiellement les prérequis techniques indispensables à une exploitation future plutôt qu’une production déjà génératrice de richesse.
Le projet de la mine de fer de Ghar Djebilet, souvent présenté comme le symbole du renouveau minier algérien, continue d’être mis en avant grâce à ses réserves estimées à plus de 3,5 milliards de tonnes. Si la ligne ferroviaire d’environ 950 kilomètres reliant Ghar Djebilet à Béchar via Tindouf constitue un investissement majeur, les bénéfices économiques annoncés reposent encore sur des projections de long terme. La capacité théorique de transport de 50 millions de tonnes par an ne préjuge pas du rythme réel de production ni de la compétitivité future du minerai algérien sur les marchés internationaux.
Le projet intégré des phosphates de Bled El Hadba, dans la wilaya de Tébessa, suit une trajectoire similaire. Les autorités évoquent désormais une mise en service de l’usine d’acide phosphorique entre la fin de 2026 et le début de 2027, alors que l’ambition affichée est de faire de l’Algérie un acteur majeur du marché mondial des engrais avec une capacité cible de 10 millions de tonnes par an. Là encore, les annonces portent principalement sur des objectifs futurs, sans que le pays ne bénéficie encore des revenus industriels espérés.
Quant au projet de la mine de Tala Hamza-Oued Amizour, malgré le lancement officiel des travaux d’exploitation, la production commerciale n’est pas encore effective. Les premiers lingots ne sont attendus qu’à partir de novembre 2026, tandis que les capacités visées -170 000 tonnes de concentré de zinc et 30 000 tonnes de concentré de plomb par an- restent conditionnées à la réussite du développement industriel en cours.
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