Le port de Djibouti a traité 17,57 millions de tonnes de marchandises importées et exportées par l’Éthiopie durant l’exercice fiscal 2025/26, confirmant la forte dépendance du commerce extérieur éthiopien à l’égard du corridor djiboutien.
Selon un rapport présenté jeudi par le ministre d’État éthiopien aux Transports et à la Logistique, Denge Boru, les marchandises transitant par les voies maritimes de Djibouti ont représenté 96,71 % du fret extérieur éthiopien au cours de la période achevée le 7 juillet 2026.
Les importations ont atteint 15,93 millions de tonnes, contre 1,64 million de tonnes d’exportations. Les importations étaient constituées notamment de 9,35 millions de tonnes de marchandises diverses, 4,23 millions de tonnes de carburant et 2,35 millions de tonnes de vrac sec.
Le fret général a progressé d’environ 3 millions de tonnes sur un an, tandis que les volumes de carburant ont augmenté de 34.416 tonnes. À l’inverse, le vrac sec a reculé d’environ 1,26 million de tonnes.
Le rail encore minoritaire
Le transport routier demeure largement dominant dans l’acheminement des marchandises, avec 14,08 millions de tonnes, soit 80,15 % du fret total. La ligne ferroviaire reliant l’Éthiopie à Djibouti a transporté 3,32 millions de tonnes, représentant 18,92 %, tandis que le fret aérien s’est établi à 164 781 tonnes, soit 0,94 %.
Cette concentration autour du corridor djiboutien persiste malgré les efforts d’Addis-Abeba pour diversifier ses débouchés maritimes, notamment à travers Berbera, Tadjourah et le corridor Mombasa-Moyale.
Le café reste le principal produit d’exportation en volume, avec 440 090 tonnes, soit 26,79 % des exportations. Il est suivi des légumineuses avec 311.881 tonnes, des oléagineux avec 234 550 tonnes et des fruits et légumes avec 191 598 tonnes.
Vers une meilleure utilisation des conteneurs
Le gouvernement éthiopien relève par ailleurs une amélioration du remplissage des conteneurs sur le marché intérieur. Sur 63 857 conteneurs de 20 pieds expédiés durant l’exercice, 47´753, soit 74,78 %, ont été chargés localement. Cette pratique aurait permis d’économiser environ 12,08 millions de dollars en devises étrangères.
Sur les 15,34 millions de tonnes de marchandises traitées par les différents corridors maritimes, Berbera a représenté 2,74 %, Tadjourah 1,23 % et Mombasa-Moyale 0,56 %, confirmant la place encore marginale de ces alternatives face à Djibouti.
Cette dépendance intervient dans un contexte régional marqué par les perturbations persistantes en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb. Addis-Abeba cite notamment les risques sécuritaires, la hausse des tarifs de fret, la volatilité du transport maritime international et la pression exercée sur les corridors de transit parmi les principaux défis du secteur logistique.
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