Portées par l’envolée des exportations d’huile d’olive, les filières agricoles et agroalimentaires tunisiennes ont retrouvé un excédent commercial à fin mai 2026, confirmant le rôle stratégique de ce produit dans les équilibres extérieurs du pays.
Le secteur tunisien de l’agriculture et des industries agroalimentaires a dégagé un excédent commercial de 87,1 millions de dinars à fin mai 2026, contre un déficit de 441,4 millions de dinars un an auparavant, selon les données publiées par le ministère du Commerce et du Développement des exportations. Le taux de couverture des importations par les exportations s’est établi à 101,9 %, en progression de 12 points sur un an.
Cette amélioration repose essentiellement sur la forte dynamique des exportations agricoles vers les principaux marchés internationaux. L’Union européenne demeure le principal débouché du secteur, concentrant 47,2 % des échanges agroalimentaires, tandis que le continent américain représente 19,1 % des flux. Les États-Unis se sont imposés comme le premier partenaire commercial de la Tunisie sur ce marché.
Le principal moteur de cette performance reste toutefois l’huile d’olive. Les exportations du produit phare de l’agriculture tunisienne ont progressé de 43,9 % en valeur, atteignant 3,047 milliards de dinars, tandis que les volumes exportés ont augmenté de 49,8 %. L’Espagne absorbe à elle seule 31,4 % des ventes tunisiennes d’huile d’olive, confirmant son rôle central dans les circuits internationaux de commercialisation. L’Allemagne affiche également une légère progression de ses achats.
Cette forte contribution de l’huile d’olive illustre la dépendance persistante du commerce agricole tunisien à quelques filières exportatrices. Si ce produit permet aujourd’hui de soutenir les recettes extérieures et d’améliorer les soldes commerciaux, d’autres segments affichent une trajectoire moins favorable. Les exportations de dattes, deuxième produit agricole d’exportation du pays, ont ainsi reculé de 3,5 % pour s’établir à 379,1 millions de dinars, représentant 20,5 % des exportations sectorielles. Les agrumes enregistrent quant à eux une baisse particulièrement marquée de 60,2 %.
Au-delà de la performance du secteur agricole, les chiffres publiés par le ministère mettent en évidence les contrastes croissants de la géographie commerciale tunisienne. L’Union européenne demeure de loin le premier partenaire économique du pays, représentant 71,5 % des exportations tunisiennes et 44,2 % des importations. Les échanges avec le marché européen dégagent un excédent de 3,086 milliards de dinars, avec 20,132 milliards de dinars d’exportations contre 17,046 milliards de dinars d’importations. Toutefois, cet excédent s’est contracté de 9,2 %, sous l’effet d’une progression plus rapide des achats extérieurs.
À l’inverse, les déséquilibres se creusent avec plusieurs autres espaces économiques. Le déficit commercial avec l’Asie atteint désormais 6,671 milliards de dinars, dans un contexte marqué par une baisse de 23 % des exportations tunisiennes vers cette région. Les échanges avec les pays arabes se détériorent également sous l’effet d’une hausse de 51,7 % des importations.
La situation est similaire avec la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), où le déficit commercial s’élève à 2,680 milliards de dinars, conséquence d’une progression de 56,6 % des importations. Ces évolutions soulignent que, malgré les performances remarquables de l’huile d’olive et le retour à l’excédent du secteur agroalimentaire, la Tunisie reste confrontée au défi de diversifier ses exportations et de rééquilibrer ses échanges avec plusieurs de ses partenaires stratégiques.
MK/AK/Sf/APA







