Le dignitaire religieux, Cheikh Al-Sadiq Al-Gharyani, invite les Libyens à manifester de manière ordonnée contre la dégradation des conditions de vie et la prolongation de la transition politique.
Le mufti de Libye, Cheikh Al-Sadiq Al-Gharyani, a appelé les citoyens à participer massivement à des manifestations pacifiques afin de réclamer une amélioration des services publics, davantage de transparence dans les dépenses de l’État et l’organisation d’élections.
Le dignitaire religieux a estimé que l’expression pacifique des revendications constituait un moyen légitime de faire pression en faveur de réformes. Il a toutefois insisté sur la nécessité de préserver le caractère ordonné des rassemblements et de respecter les biens publics et privés.
Selon lui, le gouvernement a perdu une partie de son soutien populaire en raison de priorités jugées éloignées des préoccupations quotidiennes des Libyens. Il a notamment cité les coupures d’électricité, la détérioration des services publics ainsi que les pénuries de carburant, de liquidités bancaires et de médicaments. La mise en avant de projets de loisirs dans un tel contexte ne ferait, selon lui, qu’accentuer la frustration de la population.
Cheikh Al-Gharyani a également reproché aux autorités de recourir à des solutions provisoires sans traiter les causes profondes des crises, pourtant anciennes. Il a suggéré que les manifestations se poursuivent devant le siège du gouvernement et celui de la Compagnie nationale de pétrole, afin d’exiger la publication des dépenses publiques et des montants engagés dans les contrats conclus par l’État.
Sur le plan politique, le mufti a invité les manifestants à réclamer des élections ainsi que la tenue d’un référendum sur le projet de Constitution. Rejetant toute nouvelle prolongation de la période transitoire, il a estimé qu’une mobilisation pacifique continue pendant une ou deux semaines pourrait contribuer à faire avancer ces revendications.
Le dignitaire religieux a enfin condamné les actes de vandalisme commis en marge de précédentes manifestations. Il a affirmé que certaines dégradations auraient été perpétrées par des groupes organisés utilisant des jeunes à des fins de déstabilisation. Les atteintes aux installations publiques, les obstacles à la circulation ou le dépôt d’ordures devant les banques ne servent pas les revendications sociales, mais aggravent au contraire les difficultés de la population, a-t-il averti.
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