Le taux de chômage en Tunisie a légèrement baissé au deuxième trimestre 2026, s’établissant à 15,3%, contre 15,7% au premier trimestre, selon les indicateurs publiés le 15 août par l’Institut national de la statistique (INS). Cependant, cette amélioration globale masque une détérioration de la situation des femmes, dont le taux de chômage atteint 20,9%.
Le nombre de chômeurs en Tunisie a reculé de 13 400 personnes, passant de 664 500 au T1 à 651 100 au T2 2026. Chez les hommes, le taux de chômage a diminué de 13,6% à 12,6%, reflétant une légère amélioration de l’emploi masculin, notamment dans certains secteurs industriels et de services.
En revanche, la situation des femmes s’aggrave, avec un taux de chômage qui passe de 20,3% à 20,9%, soulignant les inégalités persistantes sur le marché du travail. Les femmes restent surreprésentées dans les emplois précaires, le secteur informel et les postes à temps partiel, tout en étant plus exposées aux licenciements et aux difficultés de réinsertion professionnelle.
Les économistes pointent une reprise économique «balbutiante», avec une croissance estimée autour de 1,6% en 2026, insuffisante pour absorber les flux de jeunes diplômés et réduire durablement le chômage structurel. La faiblesse de l’investissement privé, les contraintes de financement des entreprises et les rigidités du marché du travail sont citées parmi les principaux freins à la création d’emplois.
Face à ces chiffres, le gouvernement est attendu sur des mesures ciblées en faveur de l’emploi des femmes et des jeunes, notamment à travers des programmes de formation, des incitations à l’embauche et un meilleur accompagnement des porteurs de projets. La question de l’emploi reste un enjeu social et politique majeur, susceptible d’alimenter de nouvelles contestations dans un contexte budgétaire contraint.
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