Le Sénégal accueille l’initiative « Médias de Paix », lancée par la Coalition islamique militaire pour combattre le terrorisme (CIMCT), en partenariat avec la Direction de l’information et des relations publiques des Armées (DIRPA).
L’initiative « Médias de Paix » est lancée ce 29 septembre par la DIRPA et la CIMCT dans un contexte marqué par la persistance des violences liées aux groupes islamistes militants en Afrique.
Dans un rapport publié le 12 août 2026, intitulé « Mounting Fatalities Linked to Militant Islamist Violence in Africa amid Shifting Tactics », le Centre d’études stratégiques de l’Afrique indique que 23 872 personnes ont été tuées dans ces violences au cours des douze mois se terminant à la mi-2026. « Le Sahel représente 42 % du total », précise le rapport.
Face à cette situation, la Coalition islamique militaire pour combattre le terrorisme (CIMCT), qui regroupe 43 pays membres dont le Sénégal, coordonne les efforts de ses membres dans plusieurs domaines de la lutte contre le terrorisme.
C’est dans ce cadre que s’inscrit l’initiative « Médias de Paix », qui vise à renforcer les capacités des professionnels des médias dans le traitement des questions liées à l’extrémisme violent, aux discours de haine et aux contenus numériques.
Une session de formation destinée à 35 journalistes et professionnels des médias a été ouverte lundi 28 septembre à Dakar. Prévue jusqu’au 2 octobre, elle porte notamment sur la vérification de l’information, l’identification des contenus de désinformation et les bonnes pratiques de couverture de l’extrémisme violent.
« L’information n’est jamais neutre dans ses effets. Elle peut contribuer à apaiser, à rapprocher et à prévenir, mais elle peut également, lorsqu’elle est mal maîtrisée, amplifier les tensions », a déclaré Yankhoba Diémé.
Le ministre sénégalais des Forces armées, a insisté sur la responsabilité des médias dans la prévention des tensions, la lutte contre les discours extrémistes et la promotion de la cohésion sociale.
« La paix se construit aussi dans les mots que nous employons, les images que nous diffusons, les récits que nous choisissons de mettre en avant », a-t-il souligné.
Pour le secrétaire général de la Coalition islamique militaire pour combattre le terrorisme (CIMCT), le général Mohammed bin Saeed Al-Moghidi, l’initiative doit permettre aux professionnels des médias de mieux comprendre les contenus diffusés dans l’espace numérique.
« L’initiative n’a pas pour objet de contrôler l’opinion ou de limiter la liberté d’expression », a-t-il précisé.
Dans cette perspective, la formatrice et experte tunisienne des médias et de la communication, Bahija Belmabrouk, a présenté les principaux axes de la formation, notamment la compréhension des discours extrémistes et de haine, l’analyse des contenus numériques et les méthodes de prévention.
Médias et prévention de l’extrémisme
Les participants sont notamment formés à la vérification des informations, à l’utilisation des sources ouvertes, à l’analyse des images et vidéos et à l’identification des faux comptes et des opérations d’influence.
Le discours de haine peut être défini, selon la Stratégie et le Plan d’action des Nations Unies sur les discours de haine, comme tout type de communication orale, écrite ou comportementale qui attaque une personne ou un groupe, ou qui emploie à son égard un langage péjoratif ou discriminatoire en raison de son identité réelle ou supposée.
Toutefois, l’ONU souligne que cette définition est une définition de travail et qu’il n’existe pas, à ce jour, de définition juridique internationale universelle du discours de haine.
La formation met enfin l’accent sur les effets des discours extrémistes et de haine, l’éducation aux médias et la production de contenus destinés à favoriser la prévention et la cohésion sociale.
Le lancement officiel a lieu ce mardi 29 septembre 2026 à Dakar, en présence du ministre des Forces armées, Yankhoba Diémé, du secrétaire général de la Coalition islamique militaire pour combattre le terrorisme (CIMCT), le général de division Mohammed bin Saeed Al-Moghidi, ainsi que de plusieurs autorités, représentants et membres des forces armées de différents pays.
SS/ac/Sf/APA





