Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a dénoncé la condamnation d’un journaliste, qu’il juge contraire aux garanties constitutionnelles relatives à la liberté d’expression.
La condamnation du journaliste Ghassen Ben Khelifa à deux ans de prison illustre une nouvelle fois les tensions entourant la liberté de la presse en Tunisie, dans un contexte où les cadres juridiques liés à l’information font l’objet de critiques récurrentes. Selon les éléments rendus publics, le rédacteur en chef du site Inhiyaz a annoncé avoir quitté son pays après le verdict prononcé par la chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis, dans une affaire liée à la gestion d’une page Facebook.
Au cœur du dossier figurent des accusations d’« utilisation de systèmes d’information pour diffuser de fausses informations portant atteinte à la sécurité publique », ainsi que des chefs plus lourds, dont l’appartenance présumée à une entente terroriste. Des incriminations que le journaliste rejette, affirmant ne pas être lié à la page concernée. Il soutient que le principal accusé aurait reconnu en être l’unique administrateur, ce qui alimente les interrogations sur la solidité du dossier.
Le recours à des dispositifs juridiques encadrant l’expression en ligne s’inscrit dans une dynamique plus large observée dans plusieurs pays de la région, où la régulation du numérique tend à s’élargir. Toutefois, l’usage de ces textes dans des affaires impliquant des journalistes soulève régulièrement des critiques, notamment sur leur interprétation et leur application, perçues comme extensives par les organisations professionnelles.
L’organisation appelle à limiter le traitement des affaires de presse au cadre juridique spécifique prévu à cet effet, estimant que le recours à des lois plus générales accentue l’insécurité juridique pour les professionnels des médias.
Au-delà du cas individuel, cette affaire met en lumière un environnement médiatique marqué par des incertitudes, où les équilibres entre sécurité publique et liberté d’informer restent délicats à stabiliser. La multiplication des poursuites et des condamnations contribue à installer un climat de prudence parmi les acteurs du secteur, avec des implications directes sur la production de l’information.
Ce type de signal intervient alors que plusieurs pays africains cherchent à renforcer leur attractivité économique et institutionnelle. Or, la lisibilité du cadre juridique et la garantie des libertés publiques demeurent des paramètres observés par les partenaires internationaux, dans un contexte de concurrence accrue entre économies du continent.
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