Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a rejeté les appels à sa démission et annoncé qu’il contesterait en justice le rapport sur l’affaire Phala Phala, relançant ainsi la perspective d’une procédure de destitution après une sévère décision de la Cour constitutionnelle rendue la semaine dernière et ordonnant au Parlement de réexaminer le dossier.
Dans une allocution télévisée adressée à la nation lundi, Ramaphosa a affirmé qu’il ne quitterait pas ses fonctions et qu’il engagerait une procédure de révision judiciaire contre le rapport, qu’il estime fondé sur des témoignages indirects.
Le chef de l’État sud-africain a soutenu que la Cour constitutionnelle d’Afrique du Sud « n’a formulé aucune conclusion concernant les accusations portées contre lui » et qu’aucun élément du jugement « ne l’oblige à démissionner ».
« Je souhaite donc préciser avec tout le respect dû aux institutions que je ne démissionnerai pas », a déclaré Ramaphosa.
Cette position intervient après que la Cour constitutionnelle a estimé que le Parlement avait agi de manière inconstitutionnelle en 2022 en rejetant la création d’une commission d’enquête parlementaire sur le vol de devises étrangères survenu dans la ferme animalière Phala Phala appartenant au président.
La juridiction a invalidé la précédente décision du Parlement et ordonné que le rapport du panel indépendant soit transmis à une commission chargée d’examiner une éventuelle procédure de destitution.
Le panel, présidé par l’ancien président de la Cour suprême Sandile Ngcobo, avait conclu à l’existence d’éléments prima facie laissant penser que Ramaphosa aurait pu commettre des fautes graves dans sa gestion du cambriolage, notamment en ne signalant pas correctement les faits et en ayant potentiellement enfreint les règles éthiques applicables à l’exécutif.
Ramaphosa a toujours nié tout acte répréhensible, affirmant que l’argent dérobé, dissimulé dans du mobilier de la ferme, provenait de la vente légale de buffles.
La décision de la Cour constitutionnelle replace désormais l’affaire devant le Parlement, où les partis d’opposition devraient réclamer l’ouverture d’une enquête approfondie.
Si la procédure suit son cours, les conclusions du panel pourraient servir de fondement à une tentative de destitution du président sud-africain.
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