La nouvelle cheffe du gouvernement marocain, Fatima Ezzahra El Mansouri, a entamé ce mercredi les consultations pour la formation du nouvel exécutif en recevant successivement les responsables du RNI, de l’Istiqlal, du Mouvement populaire, de l’USFP et du PPS.
Au lendemain de sa nomination par le roi Mohammed VI au poste de Cheffe du gouvernement et de sa désignation pour former le nouvel Exécutif, Fatima Ezzahra El Mansouri a ouvert, mercredi 30 septembre à Rabat, le chantier des consultations avec les formations politiques.
Cette première journée a débuté avec le Rassemblement national des indépendants (RNI), avant de se poursuivre avec le Parti de l’Istiqlal, le Mouvement populaire (MP) puis l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS).
Premier à être reçu, le président du RNI, Mohamed Chaouki, qui était accompagné de Rachid Talbi Alami et Mohamed Boussaïd. À l’issue des échanges, Chaouki a salué la confiance placée par le roi dans Fatima Ezzahra El Mansouri, qualifiant la nomination de la première femme à la tête du gouvernement de «moment historique dans l’histoire politique marocaine».
Le président du RNI a fait état d’un échange «responsable», empreint de «clarté et de franchise», autour des défis à venir pour le pays et de la vision de la Cheffe du gouvernement pour la prochaine étape. Sans se prononcer explicitement sur la place que pourrait occuper sa formation dans la future majorité, il a insisté sur la posture de son parti, affirmant que sa contribution continuerait à placer «l’intérêt supérieur de la Nation» au premier plan.
Le Parti de l’Istiqlal a, pour sa part, apporté un premier élément sur son calendrier de décision. Son secrétaire général, Nizar Baraka, a annoncé qu’une session du conseil national du parti serait consacrée à l’évaluation des résultats des élections ainsi qu’à la possibilité d’une participation au prochain gouvernement. Il a toutefois dit que, quelle que soit la position du parti dans la prochaine configuration politique, le PI entend accompagner la nouvelle étape.
Le secrétaire général de l’Istiqlal a surtout placé la restauration de la confiance dans l’action politique au centre des enjeux notant que celle-ci passe notamment par le respect des promesses et engagements contenus dans les programmes électoraux et par le renforcement de la crédibilité de l’action publique. M. Baraka a appelé à dépasser, après les élections, la logique de compétition partisane pour entrer dans celle de la mobilisation face aux défis du pays. Il a notamment cité l’emploi, le chômage, la protection du pouvoir d’achat et la question de l’intégrité territoriale.
Les consultations se sont ensuite poursuivies avec le Mouvement populaire. Son secrétaire général, Mohamed Ouzzine a félicité Mme El Mansouri pour la confiance Royale placée en elle et lui a souhaité plein succès dans l’exercice de ses fonctions constitutionnelles.
Le dirigeant du MP a notamment mis en avant le respect de l’approche démocratique et du cadre constitutionnel et légal ayant présidé à la nomination de la Cheffe du gouvernement. Il a également estimé que l’accession d’une femme à la tête de l’exécutif traduisait la place reconnue aux femmes dans la société marocaine.
Les échanges ont porté, selon lui, sur plusieurs défis touchant directement les citoyens. Ouzzine a notamment insisté sur les attentes des jeunes, la création d’opportunités d’emploi et d’entrepreneuriat ainsi que le développement territorial intégré. Plusieurs dossiers stratégiques ont également été abordés, dont, en priorité, celui du Sahara marocain.
Pour sa part, l’USFP a été représentée aux discussions par son premier secrétaire, Driss Lachgar. Ce dernier a particulièrement insisté sur la portée de la nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri, rappelant la place centrale qu’occupe la question des droits des femmes dans les positions de son parti.
Il a qualifié l’accession, pour la première fois, d’une femme à la tête du gouvernement d’« avancée qualitative » dans l’évolution de la société marocaine vers davantage d’égalité entre les femmes et les hommes.
Les échanges ont également permis, selon Driss Lachgar, de passer en revue plusieurs enjeux et développements politiques. Le premier secrétaire de l’USFP s’est toutefois gardé de dévoiler davantage le contenu des discussions, préférant attendre que la Cheffe du gouvernement achève son tour de consultations avec les différentes formations politiques.
La première journée s’est achevée par une rencontre avec le Parti du progrès et du socialisme (PPS). Son secrétaire général, Nabil Benabdallah, a salué la portée symbolique de la nomination, pour la première fois dans l’histoire du Maroc, d’une femme à la tête du gouvernement. Il a souhaité que cette étape se traduise par une nouvelle impulsion en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Les consultations pour la formation du nouveau gouvernement doivent se poursuivre jeudi avec d’autres partis politiques notamment le Parti de la Justice et du Développement (PJD) . Le leader de cette formation Abdelilah Benkirane a déjà affirmé que la question de participation au gouvernement conduit par le PAM est déjà tranchée .
Le secrétaire général du PJD a assuré, mercredi 30 septembre 2026, qu’une entrevue avec El Mansouri ne modifiera pas la décision prise par les instances du PJD de ne pas intégrer la prochaine majorité.
Réuni samedi 26 septembre 2026 en session extraordinaire à Bouznika, le Conseil national du PJD avait approuvé à l’unanimité le choix de rester dans l’opposition et de ne pas participer au prochain gouvernement.
Mme El Mansouri avait clairement déclaré que le PAM dont elle est la coordinatrice de la direction collégiale, ne fixe «pas de lignes rouges» en matière d’alliances et reste ouvert à l’ensemble des formations politiques nationales.
A signaler que l’ouverture de la première session parlementaire est prévue le 9 octobre 2026, suivie de la présentation du programme gouvernemental de la nouvelle majorité.
AK/Sf/APA





