Le mufti de Libye, le cheikh Al-Sadiq Al-Gharyani, a exprimé des réserves fermes à l’égard d’une initiative politique attribuée à des cercles proches de responsables américains, évoquant un projet visant à placer Saddam Haftar à la tête du Conseil présidentiel. Dans une déclaration publique, il a appelé les responsables libyens à ne pas s’associer à ce qu’il qualifie d’«initiative inquiétante», dans un contexte marqué par des tensions persistantes autour de la gouvernance du pays.
Dans le prolongement de cette prise de position, Al-Gharyani a exhorté le chef du Gouvernement d’union nationale (GUN) à rejeter toute proposition de ce type, rappelant l’engagement de transférer le pouvoir uniquement à une autorité issue d’un processus électoral. Il a mis en garde contre les implications politiques d’un tel accord, estimant qu’il pourrait modifier les équilibres institutionnels en dehors des cadres reconnus.
L’argumentaire développé par le mufti inclut une dimension économique, avec des inquiétudes exprimées quant à une éventuelle prise de contrôle partielle des ressources pétrolières par des acteurs étrangers via des structures privées. Ces déclarations s’inscrivent dans un débat plus large en Libye sur la gestion des revenus énergétiques et leur centralisation.
Sur le plan sécuritaire, Al-Gharyani a également évoqué le passé conflictuel lié aux forces affiliées à la famille Haftar, en référence aux affrontements autour de Tripoli. Il a souligné que certaines séquelles du conflit restent visibles, notamment à travers la persistance de risques liés aux engins non explosés, appelant à la prudence dans toute recomposition politique impliquant ces acteurs.
Dans le même mouvement, il a rejeté les annonces évoquant une éventuelle fin des dépenses parallèles, les jugeant peu crédibles au regard des précédents politiques. Il a illustré son propos par des restrictions passées de circulation imposées à certains responsables, estimant que des scénarios similaires pourraient se reproduire en cas de nouvel accord.
Ces déclarations interviennent alors que plusieurs acteurs politiques libyens, dont le Haut Conseil d’État et certains mouvements civiques, ont déjà exprimé leur opposition à des initiatives extérieures perçues comme susceptibles d’influencer la répartition du pouvoir et des ressources. Le débat reste ouvert, dans un contexte où les tentatives de règlement politique continuent de susciter des réactions contrastées.
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