Un rapport de l’Initiative mondiale contre la criminalité transnationale organisée (GI-TOC) estime que Facebook concentre la majorité des annonces liées au commerce illégal d’espèces sauvages en ligne et appelle à un encadrement plus strict des plateformes numériques.
Facebook, propriété de Meta, serait devenu la principale infrastructure mondiale du commerce illégal d’espèces sauvages en ligne, selon un rapport sans précédent de l’Initiative mondiale contre la criminalité transnationale organisée (GI-TOC) publié jeudi.
L’étude indique que près de 74 % des annonces détectées sur 61 plateformes en ligne entre avril 2024 et mars 2026 ont été diffusées sur Facebook, représentant plus de 98 % de la valeur monétaire estimée du trafic.
Au total, le système de surveillance du programme ECO-SOLVE a recensé plus de 21 900 annonces illégales portant sur plus de 266 000 produits issus de la faune sauvage.
Selon le rapport, 84 % des contenus identifiés sur Facebook concernent des espèces protégées par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), tandis que plus de la moitié sont classées comme « en danger » ou « en danger critique » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
Les groupes Facebook représenteraient le principal canal de diffusion, tandis que les systèmes de recommandation seraient susceptibles d’amplifier la visibilité de contenus illicites, selon les auteurs de l’étude.
Le dispositif de surveillance couvre dix pays, dont trois africains : l’Afrique du Sud, le Nigéria et le Cameroun, sélectionnés en raison de leur exposition aux crimes environnementaux et de leur forte activité numérique.
Le rapport souligne également le caractère transnational du trafic, impliquant des chaînes d’approvisionnement réparties sur plusieurs juridictions, ce qui complique les réponses nationales.
Les auteurs estiment que les mécanismes actuels d’autorégulation des plateformes numériques sont insuffisants et appellent à des obligations juridiques contraignantes, incluant une modération proactive, des audits indépendants et des sanctions dissuasives.
AC/Sf/APA







