La Libye a obtenu l’inscription de deux nouveaux sites historiques sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO, une étape préalable à une éventuelle reconnaissance officielle par l’organisation onusienne. L’annonce a été faite par la délégation libyenne auprès de l’UNESCO, qui y voit un signal de retour progressif du pays dans les programmes internationaux de préservation culturelle après des années d’instabilité politique et sécuritaire.
Les deux sites concernés sont la «Vieille Mosquée» de la ville d’Oujla, située dans le sud-est libyen, ainsi que «Qasr Al-Haj», un ancien grenier fortifié implanté dans les monts Nafusa, à l’ouest du pays. Les autorités libyennes considèrent cette inscription comme une avancée stratégique destinée à renforcer la visibilité culturelle et touristique de la Libye sur la scène internationale.
Le chef de la délégation libyenne auprès de l’UNESCO, Saleh Al-Oqab, a expliqué à Reuters que cette liste indicative constituait une phase préparatoire indispensable avant toute inscription définitive sur la Liste du patrimoine mondial. Il a précisé que les sites candidats doivent satisfaire à plusieurs critères techniques et patrimoniaux définis par l’organisation, notamment l’authenticité architecturale, la préservation du tissu urbain, la délimitation des zones protégées et l’identification précise des périmètres centraux.
Cette initiative s’inscrit dans un effort plus large des autorités libyennes visant à réhabiliter le patrimoine national et à réactiver les circuits culturels et touristiques fortement affectés depuis 2011. L’Autorité de gestion des villes historiques a estimé que cette avancée marquait «un retour important» de la Libye dans les programmes internationaux consacrés à la sauvegarde du patrimoine culturel.
Avant le déclenchement de la crise libyenne, le pays attirait plusieurs centaines de milliers de visiteurs étrangers chaque année grâce à la richesse de son héritage archéologique et saharien. La Libye compte déjà cinq sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO : les sites archéologiques de Cyrène, Leptis Magna et Sabratha, les sites d’art rupestre du Tadrart Acacus ainsi que la vieille ville de Ghadamès.
Au-delà de l’enjeu culturel, cette démarche revêt également une dimension économique et diplomatique pour Tripoli. Les autorités libyennes cherchent à réhabiliter l’image du pays auprès des institutions internationales et à repositionner le tourisme patrimonial comme un futur relais de diversification économique dans une économie encore largement dépendante des hydrocarbures.
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