Le gouvernement d’union nationale libyen a détaillé un accord financier unifié visant à restructurer la gestion des dépenses publiques, à l’issue de sept mois de négociations conduites au sein du comité (2+2), selon le Premier ministre Abdul Hamid Dbeibah.
Lors de la deuxième réunion ordinaire du Conseil des ministres libyen pour 2026, le chef du gouvernement a présenté les grandes lignes d’un accord financier unifié qu’il décrit comme un tournant dans la gouvernance budgétaire du pays. Le dispositif met en place un cadre unique de gestion des finances publiques, destiné à mettre fin à la fragmentation des circuits de dépense et à centraliser les mécanismes de décision.
Le schéma financier repose sur une structuration unifiée des dépenses. La masse salariale est fixée à 73,36 milliards de dinars libyens, accompagnée d’un volet de dépenses opérationnelles de 10 milliards de dinars et de subventions évaluées à 44 milliards de dinars. Selon les autorités, cette organisation vise à réduire les doublons administratifs et à harmoniser les engagements de l’État dans un système budgétaire consolidé.
Le volet développement, estimé à près de 40 milliards de dinars, occupe une place centrale dans l’accord. Il couvre les investissements publics dans les secteurs de l’électricité, de l’éducation et des services essentiels. Tous les projets devront désormais être inscrits dans un calendrier unifié couvrant l’ensemble des institutions exécutives et des fonds publics, afin de renforcer la coordination des dépenses d’investissement.
Sur le plan de la gouvernance financière, le dispositif prévoit l’unification des recettes publiques et leur centralisation au sein du Trésor auprès de la Banque centrale de Libye. Le Premier ministre a insisté sur la fin des circuits parallèles de financement et sur la mise en place d’un système de suivi mensuel des dépenses, appuyé par un comité mixte de supervision chargé de contrôler l’exécution budgétaire.
Le gouvernement évoque également la possibilité de soumettre la National Oil Corporation à des audits externes indépendants réalisés par des cabinets internationaux. Les résultats de ces contrôles pourraient être intégrés dans des mécanismes de financement structuré, avec l’objectif affiché de renforcer la transparence dans la gestion des ressources énergétiques, pilier de l’économie libyenne.
Au-delà du cadre financier central, Abdul Hamid Dbeibah a annoncé des projets de développement local dans la municipalité de Qasr Al-Akhyar, incluant des infrastructures et équipements publics. Ces initiatives s’inscrivent dans une démarche plus large visant à assurer une répartition territoriale plus équilibrée des investissements publics et à améliorer la fourniture des services de base.
MK/AK/Sf/APA







