Une délégation de Misrata a appelé les Nations Unies à renforcer la transparence et l’inclusivité du processus politique libyen, alors que les discussions sur une feuille de route électorale se poursuivent sous l’égide de l’ONU.
Les interrogations autour du processus politique libyen persistent malgré les efforts de médiation internationale. Une délégation de responsables et de personnalités de la ville de Misrata a exprimé ses préoccupations concernant ce qu’elle considère comme un manque de transparence dans les initiatives en cours, lors d’une rencontre avec la représentante spéciale du secrétaire général des Nations Unies pour la Libye, Hanna Tetteh.
Selon la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL), les échanges ont porté sur les derniers développements politiques ainsi que sur les perspectives de sortie de la transition qui se prolonge depuis plus d’une décennie. Les représentants de Misrata, parmi lesquels figuraient des membres du Haut Conseil d’État et plusieurs figures publiques, ont plaidé pour la mise en œuvre de la feuille de route récemment présentée par l’ONU et insisté sur la nécessité d’un processus plus transparent afin de renforcer sa crédibilité auprès de la population.
La délégation a également évoqué les différentes initiatives politiques actuellement en circulation, qu’elles soient soutenues ou non par les Nations Unies. Les participants ont estimé que toute démarche visant à résoudre la crise devait garantir une représentation élargie des acteurs libyens afin de limiter les risques de nouvelles tensions et de renforcer les chances d’un consensus national durable. Ils ont toutefois salué les conclusions du processus de dialogue structuré mis en place par la MANUL.
Face à ces préoccupations, Hanna Tetteh a réaffirmé que les initiatives soutenues par les Nations Unies reposaient sur des principes de transparence et d’inclusivité. Elle a souligné que l’objectif central demeurait l’organisation d’élections nationales permettant aux Libyens de choisir eux-mêmes leurs dirigeants et de mettre un terme à la fragmentation institutionnelle qui affecte le pays.
Les discussions interviennent alors que plusieurs propositions cherchent à relancer le processus politique. Le conseiller présidentiel américain pour le Moyen-Orient et l’Afrique, Massad Boulos, a récemment avancé une initiative visant à favoriser un accord de partage du pouvoir entre les autorités rivales du pays, en complément des efforts des Nations unies.
Parallèlement, les dirigeants de la Chambre des représentants, du Haut Conseil d’État et du Conseil présidentiel ont annoncé l’adoption d’une feuille de route prévoyant l’achèvement du cadre constitutionnel et juridique nécessaire à l’organisation d’élections présidentielle et législatives simultanées au plus tard le 17 février 2027.
Dans son dernier exposé devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le 18 juin, Hanna Tetteh a indiqué que le dialogue structuré avait permis de recueillir près de 600 recommandations portant sur les principaux défis institutionnels du pays. Si ces avancées témoignent d’une volonté de relancer le processus politique, les divergences persistantes entre les acteurs libyens continuent de nourrir les incertitudes sur la capacité du pays à sortir durablement de la transition.
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