Le Mozambique renforce sa lutte contre le tabagisme avec une nouvelle loi adoptée par son Parlement, instaurant des mesures strictes encadrant la vente, la publicité et la consommation des produits du tabac et de nicotine. Les autorités considèrent cette réforme comme une avancée significative pour réduire l’impact des maladies liées au tabac dans le pays.
Adopté à l’unanimité du Parlement mozambicain, un nouveau texte de loi antitabac étend désormais la réglementation aux cigarettes électroniques, aux produits du tabac chauffé, aux dispositifs de vapotage ainsi qu’à d’autres formes émergentes de diffusion de nicotine.
Cette législation aligne le Mozambique sur la Convention-cadre de l’Organisation mondiale de la santé pour la lutte antitabac, premier traité mondial de santé publique entré en vigueur en 2005, qui impose aux États signataires de mettre en œuvre des politiques visant à réduire la consommation de tabac et à protéger les populations contre l’exposition à la fumée.
Selon les autorités, ce cadre juridique renforce la capacité du pays à respecter ces engagements, notamment grâce à la création d’espaces sans fumée, à un encadrement plus strict des produits et à des mesures renforcées de protection de la santé publique.
Lors de la présentation du projet, le ministre de la Justice, Mateus Saíze, a rappelé que le tabagisme demeure un défi sanitaire majeur au Mozambique, étant à l’origine de cancers, de malformations congénitales, de naissances prématurées et de nombreuses maladies chroniques.
Il a également alerté sur les dangers du tabac sans fumée, souvent perçu à tort comme moins nocif, mais pouvant présenter des risques équivalents, voire supérieurs, notamment en ce qui concerne les cancers de la bouche, de l’œsophage et du pancréas.
D’après les statistiques officielles, le tabac cause environ 9 400 décès par an dans le pays, soit 3,5 % de la mortalité totale, touchant majoritairement des personnes de moins de 70 ans.
L’impact économique est également considérable : les pertes sont estimées à 11,7 milliards de meticais (environ 182 millions de dollars) par an, soit 1,3 % du PIB, en raison des dépenses de santé et de la baisse de productivité liée aux maladies et aux décès prématurés.
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