Le Burkina Faso a franchi une nouvelle étape dans la modernisation de la gestion de la sécurité routière avec le lancement, ce mardi à Ouagadougou, de la phase pilote du système de vidéo-verbalisation, sous la présidence du ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana.
La cérémonie de lancement de la vidéo-verbalisation au Burkina s’est tenue en présence de la ministre en charge de la Transition digitale ainsi que de la ministre déléguée chargée du Budget, traduisant la dimension transversale de ce projet inscrit dans la dynamique de digitalisation de l’administration publique.
Dans son allocution, le ministre Mahamadou Sana a souligné que cette initiative s’inscrit dans la volonté de son département de faire des technologies un levier stratégique pour améliorer la sécurité intérieure.
« Malgré les efforts constants des forces de sécurité, l’incivisme routier demeure une cause majeure d’accidents et de congestion », a-t-il déclaré.
Selon lui, la vidéo-verbalisation marque « un véritable changement de paradigme », en favorisant l’équité dans les contrôles, en réduisant les contestations, et en renforçant la transparence, tout en contribuant à limiter les tracasseries routières.
Le dispositif, intégré à la plateforme e-Contravention lancée en 2023 dans le cadre du projet Smart Burkina Faso, repose sur une infrastructure technologique avancée. Il utilise des caméras haute définition et des algorithmes intelligents capables de détecter automatiquement les infractions, d’identifier les plaques d’immatriculation et de transmettre les contraventions aux contrevenants par SMS.
Le directeur général des transmissions et de l’informatique, le commissaire principal de police Zakaria Hebié, a précisé que le système est interconnecté avec plusieurs bases de données nationales, notamment celles de la Direction générale des transports terrestres et maritimes (DGTTM), de la plateforme e-Contravention et de Faso Arzêka, permettant ainsi un traitement automatisé et sécurisé des infractions.
La phase pilote, qui couvre pour l’instant la ville de Ouagadougou, vise à tester la robustesse des équipements, à affiner les procédures opérationnelles et à recueillir les retours des usagers et des forces de l’ordre. Elle sera accompagnée d’une campagne de sensibilisation pour faciliter l’adhésion des populations.
Le système cible plusieurs infractions majeures, notamment le non-respect des feux tricolores, l’excès de vitesse, l’usage du téléphone au volant, le non-port de la ceinture de sécurité ou du casque, ainsi que le non-respect du sens de circulation.
Selon les autorités, cette innovation pourrait également contribuer à accroître les recettes de l’État, avec des estimations de mobilisation pouvant atteindre plusieurs dizaines de millions de FCFA par jour.
À terme, le gouvernement ambitionne d’étendre le dispositif à l’ensemble du territoire national, y compris sur les grands axes routiers, afin de renforcer durablement la sécurité routière, de promouvoir le civisme et de lutter contre la corruption.
HO/te/Sf/APA




