Amnesty International a exprimé vendredi, dans un communiqué transmis à APA, sa profonde préoccupation concernant Humphrey Polepole, critique du gouvernement tanzanien porté disparu depuis plusieurs semaines.
Polepole a été interpellé à Dar es Salaam le 6 octobre 2025 par des membres non identifiés des forces de sécurité, après avoir dénoncé les restrictions imposées par la présidente Samia Suluhu Hassan et le parti au pouvoir, le Chama Cha Mapinduzi (CCM), en matière d’espace civique, de droits humains et de répression de l’opposition, notamment à l’égard du politicien Tundu Lissu.
Dans une lettre ouverte adressée à la présidente Suluhu Hassan, Amnesty International demande aux autorités tanzaniennes de révéler sans délai où se trouve Polepole et dans quelles conditions il est détenu.
L’organisation rappelle qu’un mois s’est écoulé depuis l’effraction de son domicile, au cours de laquelle sa famille a découvert une importante quantité de sang à l’endroit où il avait été emmené de force.
Selon des témoignages recueillis par l’ONG, des agents de sécurité non identifiés avaient bloqué la route menant à la maison de Polepole le jour de sa disparition, empêchant depuis ce moment toute tentative de contact avec lui.
Le mois dernier, le porte-parole de la police, David Misime, avait affirmé qu’une enquête était en cours pour faire la lumière sur cette affaire.
Le 7 octobre, les avocats de Humphrey Polepole ont déposé une requête en habeas corpus devant la Haute Cour de Dar es Salaam. Celle-ci a été rejetée, un juge estimant qu’aucun élément ne prouvait l’implication des autorités tanzaniennes dans sa disparition.
Amnesty International estime que Polepole pourrait avoir été pris pour cible en raison de ses critiques envers le gouvernement, en violation de ses droits fondamentaux à la liberté d’expression et d’association.
L’organisation qualifie l’affaire de disparition forcée, s’ajoutant à une série croissante d’incidents similaires et révélatrice, selon elle, d’un durcissement de la répression contre les voix dissidentes en Tanzanie.
Récemment réélue, la présidente Samia Suluhu Hassan fait face à des critiques tant internes qu’internationales concernant la réponse jugée de plus en plus autoritaire de son administration à l’égard de l’opposition et des militants. Des centaines de personnes auraient perdu la vie lors des manifestations nationales qui ont suivi une élection contestée.
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