Face à la montée des enjeux numériques et informationnels, le gouvernement algérien a lancé un forum consacré à la communication institutionnelle, un chantier présenté comme stratégique pour la souveraineté nationale mais qui soulève aussi la question de la place du débat public et de l’indépendance de l’information.
Le ministère algérien de la Communication a organisé un forum consacré à la communication institutionnelle, présenté par les autorités comme une étape importante dans l’élaboration d’une future stratégie nationale destinée à harmoniser les pratiques de communication au sein des institutions publiques.
Ouvrant les travaux, le ministre de la Communication, Zouheir Bouamama, a défendu la nécessité de renforcer les capacités de l’État dans un environnement médiatique profondément transformé par la révolution numérique, l’essor des réseaux sociaux et la multiplication des espaces d’information en ligne. Selon lui, la communication institutionnelle est devenue un outil de gouvernance, de gestion de l’image publique et d’interaction avec les citoyens.
Le responsable a particulièrement insisté sur la notion de « souveraineté numérique », qu’il a présentée comme une composante indissociable de la souveraineté nationale. Cette approche s’inscrit dans une tendance observée dans plusieurs pays où les gouvernements cherchent à accroître leur maîtrise des flux d’information, des infrastructures numériques et des contenus circulant sur les plateformes en ligne.
Toutefois, l’initiative intervient dans un contexte où la communication publique en Algérie fait régulièrement l’objet de critiques concernant son manque de transparence et la faiblesse de l’accès à l’information institutionnelle. Malgré les discours sur la modernisation des pratiques, les administrations algériennes demeurent souvent accusées de privilégier une communication descendante et peu interactive, alors même que les attentes des citoyens en matière d’information se sont considérablement accrues.
Le forum a notamment porté sur le rôle des médias nationaux dans la communication institutionnelle ainsi que sur l’organisation des dispositifs de communication au sein des administrations publiques. Les autorités affirment vouloir élaborer un projet intégré couvrant l’ensemble des secteurs gouvernementaux afin d’améliorer l’efficacité des messages publics et de renforcer la confiance entre l’administration et les citoyens.
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