Le procès de six personnes poursuivies pour complot présumé contre le gouvernement de Transition s’est ouvert mardi 14 juillet 2026 devant la formation criminelle de la Cour d’appel de Bamako. Parmi les accusés figurent l’ancien directeur général de la Sécurité d’État, Kassoum Goïta, et l’ancien secrétaire général de la présidence, Kalilou Doumbia, détenus depuis 2021.
L’affaire du complot en jugement devant la Cour d’appel de Bamako remonte aux premiers mois ayant suivi le changement intervenu à la tête de la Transition en mai 2021. Trois militaires ou membres des forces de sécurité et trois civils comparaissent pour des faits initialement qualifiés d’association de malfaiteurs, de tentative d’attentat et de complot contre le gouvernement. L’expression « tentative de coup d’État », largement utilisée pour présenter le dossier, résume les soupçons de déstabilisation formulés au début de l’enquête.
Aux côtés de Kassoum Goïta et de Kalilou Doumbia, comparaissent le commissaire principal de police Moustapha Diakité, l’adjudant-chef Abdoulaye Ballo, l’opérateur économique Sandhi Ahmed Saloum et Issa Samaké, également connu sous le surnom de Djoss. Le parquet de la Commune VI du District de Bamako avait annoncé, le 5 novembre 2021, l’ouverture d’une information judiciaire contre les six hommes.
Au début de l’audience de mardi, les avocats de la défense ont présenté plusieurs exceptions de procédure. La Cour les a examinées avant de rejeter les premières objections soulevées et de poursuivre les débats, selon les informations publiées par le quotidien national L’Essor. Le contenu intégral des arguments présentés par les parties et les réponses apportées par la juridiction devaient être précisés au cours de l’audience.
Kassoum Goïta avait dirigé la Sécurité d’État sous la présidence de Bah N’Daw, installé à la tête de la première Transition après le renversement du président Ibrahim Boubacar Keïta en août 2020. Aucun lien de parenté connu ne l’unit au président de la Transition, Assimi Goïta, malgré leur patronyme commun. Il faisait partie du groupe d’officiers impliqué dans le changement de pouvoir d’août 2020 avant d’occuper des responsabilités au sein des services de renseignement.
Quelques mois avant son arrestation, Kassoum Goïta avait reçu le grade d’officier de l’Ordre national du Mali pour sa contribution à la libération de l’ancien chef de l’opposition Soumaïla Cissé et de trois otages occidentaux. Cette distinction lui avait été décernée en février 2021 par décret du président de la Transition, Bah N’Daw.
Kalilou Doumbia, professeur de droit public, avait exercé les fonctions de secrétaire général de la présidence durant la même période. Bah N’Daw et son Premier ministre, Moctar Ouane, avaient été arrêtés puis écartés du pouvoir en mai 2021, après l’annonce d’un remaniement gouvernemental. Assimi Goïta, jusque-là vice-président de la Transition, avait ensuite pris la direction de l’État.
Les premières interpellations liées au dossier ont commencé en septembre 2021. Après plusieurs semaines d’investigations, les six hommes ont été présentés à la justice et placés sous mandat de dépôt au début du mois de novembre. Le communiqué du procureur mentionnait alors une enquête pour association de malfaiteurs, tentative d’attentat et complot contre le gouvernement, sans détailler publiquement le plan présumé ni les moyens qui auraient été mobilisés.
L’instruction a connu un premier tournant le 17 juin 2022. Le juge chargé du dossier avait prononcé un non-lieu en faveur de Kalilou Doumbia et de Moustapha Diakité, tout en maintenant les poursuites contre les quatre autres personnes pour tentative de complot. Le procureur général près la Cour d’appel de Bamako avait fait appel quatre jours plus tard, maintenant ainsi l’ensemble des accusés en détention pendant l’examen de la procédure.
Selon les documents cités par le collectif de leurs avocats, un arrêt de renvoi rendu le 10 janvier 2023 a ensuite orienté l’affaire vers la juridiction criminelle. L’ouverture du procès intervient ainsi plus de trois ans après cette décision et près de cinq ans après les premières arrestations.
La défense conteste depuis l’origine les accusations et demande l’acquittement de ses clients. Elle a également engagé plusieurs démarches relatives à la régularité de la procédure, aux conditions des interpellations et à la durée de la détention provisoire. Ces arguments seront examinés parallèlement aux éléments présentés par le ministère public.
Deux des accusés ont par ailleurs fait l’objet de décisions administratives à la fin de l’année 2025. Par des décrets signés le 30 décembre, Kassoum Goïta a été radié des effectifs de l’Armée de terre et Moustapha Diakité de ceux des Forces armées et de sécurité. Les textes officiels présentent ces radiations comme des mesures disciplinaires prises à l’issue de conseils d’enquête. Elles demeurent distinctes de la détermination de leur responsabilité pénale par la Cour.
Le procès doit permettre à l’accusation d’exposer les faits reprochés à chacun des six prévenus et les éléments recueillis au cours de l’instruction, tandis que la défense répondra aux charges et présentera ses arguments devant la formation criminelle.
Les six accusés bénéficient de la présomption d’innocence jusqu’au prononcé d’une décision définitive. Les premières informations sur l’audience confirment l’ouverture des débats et le rejet de plusieurs exceptions préliminaires, avant les interrogatoires, les réquisitions du ministère public, les plaidoiries de la défense et le verdict attendu de la Cour.
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