Les éléments de la Gendarmerie nationale ont annoncé le démantèlement d’un réseau criminel international spécialisé dans la spéculation et le commerce illégal de véhicules Fiat Doblo Panorama. L’opération, qualifiée de réussie par les autorités, s’est soldée par l’arrestation de 13 suspects, selon un communiqué officiel. Si le coup de filet est notable, il révèle surtout l’ampleur de pratiques frauduleuses installées dans la durée, au détriment de l’économie nationale et de la transparence du marché.
D’après la Gendarmerie, le réseau regroupait des personnes physiques et morales de différentes nationalités, actives dans l’importation, la commercialisation et la revente illicite de ces véhicules. Les mis en cause auraient exploité des circuits parallèles et des montages juridiques complexes pour contourner la réglementation, capter des marges indues et alimenter une spéculation artificielle. Le recours à des structures opaques interroge sur l’efficacité des dispositifs de traçabilité et de contrôle des flux commerciaux.
L’enquête, déclenchée à partir de renseignements recueillis par la brigade de recherche et d’investigation de la wilaya de Tipaza, a mis au jour de graves irrégularités dans la commercialisation de véhicules pourtant présentés comme fabriqués localement. Les investigations ont révélé l’importation de véhicules neufs et de voitures âgées de moins de trois ans sans licences ni agréments requis, en contradiction flagrante avec les textes en vigueur. Cette situation pose la question du suivi des chaînes d’approvisionnement et des responsabilités des intermédiaires.
Selon les conclusions, le réseau avait mis en place plusieurs sociétés-écrans, en Algérie et à l’étranger, rattachées à une même organisation criminelle. Ce dispositif visait à brouiller les pistes, à faciliter des transferts illicites de devises et à se soustraire aux obligations fiscales. L’affaire souligne les limites des mécanismes de contrôle des personnes morales et l’insuffisance des croisements de données entre administrations.
Les saisies opérées illustrent l’ampleur des gains engrangés : 61 véhicules de différentes marques, près de 6 millions de dinars algériens en espèces, 700 euros, ainsi que du matériel logistique (téléphones, équipements informatiques, machines de comptage, cachets et plaques étrangères). Autant d’indices d’une activité structurée et durable.
Présentés devant la justice, les suspects font désormais l’objet de poursuites, tandis que l’enquête se poursuit pour identifier d’éventuelles ramifications. Au-delà de l’opération policière, le dossier relance le débat sur la gouvernance du marché automobile, la responsabilité des acteurs et la nécessité de renforcer les contrôles pour éviter que des modèles prisés — produits par des groupes comme Fiat — ne deviennent le levier de spéculations préjudiciables à l’économie et aux consommateurs.
MK/AK/Sf/APA







