L’administration pénitentiaire sénégalaise a décidé de mettre fin à la pratique de la fouille à nu des détenus lors de leur admission dans les établissements pénitentiaires, selon une circulaire de la Direction générale de l’Administration pénitentiaire (DGAP) datée du 10 août 2026.
Dans cette note de service, référencée N°001994/MJ/DGAP/DAJPSEP, le Directeur général de l’Administration pénitentiaire rappelle que la fouille constitue une mesure de sécurité nécessaire pour prévenir l’introduction d’objets ou de produits prohibés dans les prisons.
Toutefois, l’administration reconnaît que certaines pratiques de fouille, notamment la fouille à nu, doivent être davantage humanisées. Elle estime que cette dernière est « humiliante, dégradante » et susceptible de porter atteinte à la dignité humaine, même lorsqu’elle répond à un impératif de sécurité.
La circulaire rappelle également que les fouilles doivent être réalisées avec tact, sans brutalité, dans le respect de la dignité de la personne humaine et par un agent pénitentiaire du même sexe que la personne fouillée.
Des mesures pour encadrer les fouilles
Pour mettre fin à la fouille à nu à l’entrée des établissements pénitentiaires, la Direction générale de l’Administration pénitentiaire instruit les responsables de prendre plusieurs mesures.
Il s’agit notamment de désigner un cadre responsable des opérations de fouille, d’aménager des locaux ou des box individuels permettant de fouiller séparément les détenus arrivants et de ne recourir à la fouille systématique qu’en cas de nécessité.
Surtout, l’administration ordonne aux établissements pénitentiaires d’« arrêter de déshabiller à nu les détenus(es) » et de procéder à leur fouille en leur laissant leur culotte.
La décision s’inscrit, selon la circulaire, dans une volonté des autorités de renforcer le respect des droits humains dans les établissements pénitentiaires sénégalais, tout en maintenant les impératifs de sécurité liés au contrôle des détenus.
La DGAP rappelle que le cadre juridique national encadrant les fouilles est notamment défini par les articles 135 et 177 du décret n°2001-362 du 4 mai 2001 modifié, tandis que les Règles Mandela des Nations unies constituent le cadre international de référence pour le traitement des détenus.
TE/APA







