La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) examine, jeudi et vendredi à Dakar, le fonctionnement de sa Réserve régionale de sécurité alimentaire (RRSA), avec pour objectifs d’évaluer les opérations menées depuis mars 2025 et de définir les priorités pour 2027.
Cette quatrième réunion du Comité de gestion intervient dans un contexte de fortes tensions alimentaires. Selon l’analyse du Cadre harmonisé de décembre 2025, 41,8 millions de personnes étaient confrontées à une insécurité alimentaire aiguë en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Les projections pour la période de soudure, de juin à août 2026, estimaient ce nombre à 52,8 millions.
« La solidarité régionale n’est pas une option, ni une formule, c’est une obligation », a déclaré le ministre sénégalais de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Cheikhou Oumar Ba, qui préside le Comité de gestion.
Il a souligné le rôle de la Réserve dans la mobilisation des stocks céréaliers et l’assistance aux populations touchées par les crises, en complément des dispositifs nationaux.
Le commissaire chargé des Affaires économiques et de l’Agriculture de la Commission de la Cédéao, Dehpue Yenpea Zuo, a, pour sa part, appelé à renforcer les mécanismes communs de prévention et de réponse aux crises. « Renforcer notre mécanisme collectif pour la prévention, la préparation et la réponse doit être une priorité », a-t-il affirmé.
Créée en 2013, la RRSA a réalisé 27 interventions au bénéfice de plus de quatre millions de personnes dans sept pays de la région, selon les données présentées par le commissaire.
Les travaux portent notamment sur le bilan des achats de stocks, des opérations d’assistance, des reconstitutions et des rotations techniques, ainsi que sur la prospection de nouveaux espaces de stockage. Les participants doivent également examiner le programme d’activités, le budget de la Réserve pour 2027 et le plan de mobilisation des ressources.
La rencontre permettra par ailleurs de faire le point sur la révision de la Stratégie régionale de stockage de sécurité alimentaire et l’adaptation des règles de fonctionnement de la Réserve, notamment en matière de financement, de passation des marchés et de gouvernance.
Depuis le premier trimestre 2025, la Cédéao conduit ce processus avec l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et le Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS). Cette révision doit notamment tenir compte des besoins alimentaires et des orientations de la politique agricole de la Cédéao à l’horizon 2035, connue sous le nom d’ECOWAP.
La réunion rassemble des représentants des États membres de la CEDEAO, du Tchad et de la Mauritanie, ainsi que des institutions régionales, des organisations de producteurs et d’éleveurs, de la société civile et du secteur privé. La gestion technique de la RRSA est assurée par l’Agence régionale pour l’agriculture et l’alimentation (ARAA).
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