Le Sénégal entend accélérer la restauration de ses terres dégradées à travers le programme régional SURAGGWA, qui ambitionne de réhabiliter 85 000 hectares dans les régions de Louga, Matam et Tambacounda, tout en renforçant la résilience des communautés rurales face aux changements climatiques.
Cette ambition était au centre de la première réunion du Comité de pilotage national du programme, tenue vendredi à Dakar, avec l’appui de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Financé par le Fonds vert pour le climat (FVC), SURAGGWA (Renforcement de la résilience de la Grande muraille verte d’Afrique) s’inscrit dans une initiative régionale couvrant huit pays sahéliens : le Burkina Faso, le Tchad, Djibouti, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria et le Sénégal.
Au-delà de la restauration des écosystèmes, le programme vise à améliorer durablement les moyens de subsistance des populations et à renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Au Sénégal, il prévoit de toucher 250 279 bénéficiaires directs et 430 641 bénéficiaires indirects.
Prenant part à cette rencontre, le secrétaire général du ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, Fodé Fall, a souligné que la dégradation des terres, l’avancée de la désertification et la multiplication des phénomènes climatiques constituent désormais des défis majeurs pour les populations, notamment les agriculteurs et les éleveurs.
Il a présenté SURAGGWA comme un levier complémentaire aux initiatives nationales de restauration des écosystèmes et de valorisation durable des ressources naturelles, rappelant l’engagement du Sénégal en faveur de la transition écologique et de la résilience climatique dans le cadre de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050.
Le financement du programme repose sur une contribution de 150 millions de dollars du Fonds vert pour le climat, complétée par plus de 52 millions de dollars de cofinancement des États participants et près de 19,8 millions de dollars apportés par la FAO.
Pour le Sénégal, l’accord de projet signé avec la FAO le 4 juillet 2025 porte sur un financement global de 10 millions de dollars. Le gouvernement s’est également engagé à mobiliser un cofinancement national de 12,65 millions de dollars, selon les éléments présentés par le secrétaire général.
De son côté, le représentant de la FAO, le Dr Makhfousse Sarr, a insisté sur la nécessité de garantir une mise en œuvre axée sur des résultats concrets. Il a notamment mis l’accent sur le ciblage rigoureux et participatif des sites d’intervention, l’implication des femmes et des jeunes ainsi que la responsabilisation des communautés locales.
Pour la FAO, la réussite du programme dépendra également de la coordination entre les institutions publiques, les partenaires techniques et financiers et les acteurs territoriaux. La transparence dans la gestion des ressources et le suivi des activités figurent parmi les conditions essentielles à l’atteinte des objectifs fixés.
La première réunion du Comité de pilotage marque ainsi une étape importante dans la mise en place du dispositif de gouvernance du programme au Sénégal. Cette instance est chargée d’assurer l’orientation stratégique, de veiller à la cohérence des interventions avec les politiques nationales et d’approuver les plans de travail et budgets annuels.
Les travaux ont notamment porté sur l’examen du plan de travail et du budget annuel pour 2027, la coordination interministérielle, les mécanismes de sauvegarde environnementale et sociale ainsi que le dispositif de suivi-évaluation.
À travers SURAGGWA, le Sénégal cherche ainsi à inscrire la restauration des terres dans une stratégie plus large de résilience climatique, de préservation des ressources naturelles et de sécurisation des moyens d’existence des populations rurales. L’enjeu sera désormais de transformer les engagements financiers et institutionnels en réalisations concrètes sur le terrain.
TE/Sf/APA





