L’armée ivoirienne s’engage résolument sur la voie de l’égalité des chances et de la modernisation de son outil de défense. L’Hôtel des Armées, situé au Plateau, a abrité ce jeudi 11 juin 2026 le lancement du rapport d’évaluation des obstacles à la participation des femmes militaires ivoiriennes aux Opérations de Maintien de la Paix (OMP) des Nations Unies.
Cet événement hautement stratégique marque le début d’une phase de vulgarisation et de mise en œuvre progressive de recommandations clés visant à optimiser la présence féminine sur les théâtres de conflits internationaux.
Présidée par Nassénéba Touré, la ministre ivoirienne de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, représentant pour l’occasion le vice-Premier ministre et ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, cette rencontre consacre l’aboutissement de l’évaluation MOWIP Militaire.
Ce projet d’envergure bénéficie du soutien technique et financier du fonds de l’Initiative ELSIE et d’ONU Femmes Côte d’Ivoire, avec la Cellule d’Analyse des Politiques Économiques du CIRES comme partenaire opérationnel.

Loin d’être une simple formalité administrative, l’intégration des conclusions de ce rapport touche aux fondements mêmes de l’architecture militaire nationale. Pour la représentante du gouvernement, l’application de ces réformes va directement renforcer la cohésion, l’équité du commandement et la crédibilité de la Côte d’Ivoire sur la scène internationale.
La ministre Nassénéba Touré a salué le leadership du général d’armée, Lassina Doumbia, chef d’État-Major général des armées, pour les réformes déjà introduites au sein des Forces armées de Côte d’Ivoire (FACI).
Le général d’armée Lassina Doumbia s’est directement adressé aux femmes en uniforme pour saluer leur dévouement et leur exemplarité, tout en fixant le cap de cette transition institutionnelle. Il a exprimé son engagement à bâtir des conditions de projection professionnelle nettement plus favorables.
« Cette démarche doit être perçue comme une invitation à beaucoup plus d’ardeur au travail, à davantage de professionnalisme et de sens élevé du devoir », a-t-il dit, laissant entendre qu’il ne s’agit pas d’imposer un changement brutal, mais de conduire une évolution progressive, maîtrisée et durable.
Pour le chef d’Etat-Major général des armées, « au-delà de la seule question de la participation des femmes aux OPEX, cette thématique touche à l’équité de notre commandement, à la cohésion de nos forces et à la capacité de notre armée à répondre avec efficacité aux défis de notre temps ».

Ce plan de déploiement s’inscrit dans la droite ligne de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée en octobre 2000, qui fait de l’équité des sexes un pilier du règlement des conflits.
Rappelant les réalités du terrain, Adjaratou Ndiaye, représentante résidente de ONU Femmes Côte d’Ivoire, a insisté sur le rôle irremplaçable des femmes en uniforme pour nouer des liens de confiance avec les communautés locales et assurer la protection des civils les plus vulnérables.
Le défi statistique reste pourtant immense. Les femmes représentent actuellement moins de 8 % des contingents militaires mondiaux déployés par l’ONU, alors que les objectifs internationaux ciblent un taux de 15 % à l’horizon 2028.
L’appui d’ONU Femmes, initié dès 2024 lors de la soumission de ce projet au fonds ELSIE, vise précisément à fournir des données factuelles pour briser ces plafonds de verre. Validé techniquement en avril 2026 après des concertations approfondies avec les premières concernées, ce rapport final sert désormais de boussole à l’État-Major pour aligner la Côte d’Ivoire sur les meilleurs standards mondiaux de la paix et de la sécurité.
AP/APA






