Les Douanes maliennes ont annoncé jeudi la saisie, les 20 et 21 août dans la région de Kayes, de plus de deux tonnes de denrées alimentaires sans justificatifs ainsi que de dix briques de cannabis, illustrant la persistance des circuits informels sur les axes commerciaux reliant le Mali aux pays voisins.
La première opération a été menée le 20 août à Diyala, près de Kayes, où les agents de la Brigade mobile d’intervention ont intercepté un véhicule Toyota Hilux transportant 40 sacs de farine de blé, pour un poids total de deux tonnes, ainsi que 15 cartons de pâtes alimentaires pesant 150 kilogrammes.
Selon les Douanes, les marchandises provenaient d’un pays voisin non précisé. Le conducteur n’ayant présenté aucun document justifiant leur détention, le véhicule et son chargement ont été conduits dans les locaux de la brigade pour les suites de la procédure douanière.
Le lendemain, les agents du Bureau secondaire de Goutioubé ont interpellé, à l’embarcadère de Kayes, un ressortissant d’un pays anglophone de la sous-région transportant dix briques de chanvre indien. Les autorités n’ont pas précisé le poids de la drogue ni sa destination.
Des saisies récurrentes sur les voies fluviales
Ces opérations s’inscrivent dans un contexte de lutte accrue contre les trafics et la contrebande dans la région de Kayes. En avril et mai 2025, les Douanes avaient notamment saisi deux cargaisons de farine de dix tonnes chacune, transportées par pirogue sans documents douaniers. L’une des cargaisons, interceptée à Sobogou, provenait de Mauritanie.
En juillet de la même année, trois tonnes de sucre avaient également été abandonnées par un piroguier près de la frontière mauritanienne.
Située à l’ouest du Mali et frontalière du Sénégal, de la Mauritanie et de la Guinée, Kayes constitue un point stratégique pour les échanges commerciaux et l’approvisionnement du pays. La région est notamment traversée par l’axe Kidira-Diboli-Kayes, qui constitue un maillon du corridor reliant Bamako au port de Dakar.
Dans un bilan présenté le 21 août, la Direction générale des Douanes a relevé les contraintes sécuritaires et logistiques qui affectent cet axe. Elle a appelé ses services à renforcer le renseignement et le ciblage afin de lutter contre les trafics, tout en veillant à préserver la fluidité du commerce légal.
Sur le plan des recettes, les Douanes maliennes indiquent avoir mobilisé 632,3 milliards de francs CFA entre janvier et juillet 2026, soit 64,85 % de l’objectif annuel fixé à 975 milliards de francs CFA.
MD/te/APA







