Le ministère des Affaires étrangères du gouvernement libyen basé dans l’est du pays a affirmé avoir engagé des contacts directs avec les autorités du Tchad afin de résoudre la crise liée à l’enlèvement de ressortissants libyens sur le territoire tchadien selon un communiqué officiel diffusé mercredi.
Dans l’optique d’obtenir la libération « immédiate et inconditionnelle », des chauffeurs libyens enlevés en territoire tchadien, l’exécutif parallèle, opposé au Gouvernement d’unité nationale installé à Tripoli, précise que les violences commises à l’encontre des citoyens libyens constituent « un acte isolé » ne reflétant pas la position officielle de l’État tchadien et ne remettant pas en cause les relations bilatérales entre la Libye et le Tchad. Le ministère a souligné que le dialogue engagé vise à contenir les répercussions sécuritaires de l’incident et à préserver les principes de bon voisinage entre les deux pays.
Le gouvernement de l’est libyen a également tenu à rappeler que les ressortissants tchadiens présents en Libye « travaillent dans des conditions sûres et respectueuses de leur dignité », affirmant que leur situation demeure protégée par les autorités locales, conformément aux usages régionaux et aux relations historiques entre les communautés frontalières.
Cette prise de position intervient après la diffusion, sur plusieurs comptes de réseaux sociaux tchadiens, de vidéos montrant des individus armés détenant et torturant des chauffeurs routiers libyens originaires de la ville d’Al-Kufra, à proximité de la frontière libyo-tchadienne. Les images, largement relayées, ont suscité une vive émotion dans l’est du pays et ravivé les inquiétudes concernant la sécurité des axes commerciaux transsahariens.
En réaction, la municipalité d’Al-Kufra a annoncé la suspension temporaire de la circulation des camions à destination et en provenance du Tchad sur son territoire. Cette mesure conservatoire, selon les autorités locales, restera en vigueur jusqu’à ce que la sécurité des personnes enlevées soit pleinement garantie et que des clarifications officielles soient apportées sur les circonstances de l’attaque.
Du côté tchadien, les médias locaux ont rapporté que les services de sécurité de la province de Salamat, frontalière du Soudan, ont procédé à l’arrestation de quatre individus armés impliqués dans l’attaque ayant visé les chauffeurs libyens. Les autorités ont indiqué que les suspects appartiennent à des groupes qualifiés de hors-la-loi et que les armes utilisées lors de l’agression ont été saisies.
Les services de sécurité tchadiens ont assuré que les personnes interpellées feront l’objet de poursuites judiciaires, affirmant que ces opérations s’inscrivent dans un effort plus large visant à renforcer la sécurité des routes internationales et à endiguer l’activité des groupes armés opérant dans les zones frontalières du Sahara central.
MK/Sf/APA







