La musique africaine se mobilise pour les libertés fondamentales. Amnesty International Côte d’Ivoire a présenté ce lundi, à son siège d’Abidjan, un single engagé, intitulé « En toute liberté ». Ce projet réunit trois figures majeures de la scène musicale continentale : les Ivoiriens Kajeem et Soum Bill, ainsi que le Sénégalais Didier Awadi.
Orchestré par l’arrangeur ivoirien Cédric Cannavaro, le titre « En toute liberté » fusionne trois univers musicaux distincts pour toucher un large public : le reggae de Kajeem ; le zouglou (rythme musical ivoirien) de Soum Bill et le rap de Didier Awadi.
Sous-titrée en anglais et en espagnol pour s’exporter à l’international, l’œuvre s’intègre directement dans les campagnes mondiales d’Amnesty International : « Protégeons les manifs » et « Résister : l’humanité doit triompher ».
Le choix de l’art pour porter le combat pour les libertés fondamentales n’est pas fortuit. Pour Hervé Delmas Kokou, directeur exécutif d’Amnesty International Côte d’Ivoire, la musique possède une capacité « exceptionnelle » à traverser les générations.
L’objectif est double : Amnesty International entend sensibiliser les dirigeants politiques à appliquer les textes ratifiés sur une liberté d’expression de plus en plus bafouée, et susciter une prise de conscience collective chez les citoyens, a-t-il souligné.
Cette œuvre, qui diffuse un message universel depuis la Côte d’Ivoire, est portée par des artistes engagés partageant les mêmes valeurs de justice, de liberté et de respect de la dignité humaine pour toucher le monde entier, a déclaré Delmas Kokou.
Le projet se présente comme un outil de plaidoyer et de sensibilisation destiné à éveiller les consciences, mais aussi à encourager chaque citoyen à s’exprimer librement tout en participant activement à la construction d’une société plus juste et inclusive.
L’artiste Kajeem a rappelé que la liberté d’expression demeure le premier outil de participation à la vie publique, expliquant que « notre engagement vise à utiliser la musique au-delà de sa fonction de distraction, pour éduquer, s’engager auprès de notre communauté et servir une cause mondiale. »
Le projet cible en priorité la jeunesse, majoritaire en Afrique. Au-delà de la contestation, le morceau se veut pédagogique. Il invite les jeunes à s’exprimer de manière constructive et responsable, tout en prouvant que les artistes africains peuvent s’unir pour rapprocher les peuples au-dessus des clivages politiques et géographiques.
Thimak Bah, fondateur d’Afreekaplay, a réaffirmé lors du lancement que la musique africaine a toujours été un vecteur historique de dialogue et de transformation sociale. Le single « En toute liberté » est mis à la disposition du public sur plusieurs canaux : Téléchargement gratuit, disponible sur la plateforme numérique Afreekaplay, streaming (Spotify, Apple Music et Boomplay) et vidéo (YouTube).
AP/Sf/APA







