Le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a réaffirmé jeudi à Ouahigouya son autorité à la tête de l’État, en rejetant toute comparaison avec les événements de 1987. Il a également annoncé un durcissement de la lutte contre l’extrémisme religieux et appelé à poursuivre les réformes engagées.
Le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a affirmé jeudi qu’il n’existait « pas deux capitaines dans un même bateau », lors d’une rencontre avec les forces vives de la région du Yaadga à Ouahigouya.
Le chef de l’État a rejeté les comparaisons entre son accession au pouvoir en 2022 et les événements ayant conduit Thomas Sankara au pouvoir en 1983.
« Le contexte que nous vivons n’est pas le contexte de 1987 », a-t-il déclaré, affirmant avoir personnellement participé aux opérations ayant conduit au changement de régime.
« Il n’y a ni numéro un, ni numéro deux. Il n’y a pas deux capitaines dans un même bateau », a-t-il insisté, mettant en garde contre les discours susceptibles, selon lui, de créer des divisions au sein de son entourage.
Le président a également adressé un avertissement à ses collaborateurs.
« Tous ceux qui travaillent avec moi connaissent ma ligne de conduite. J’ai une mission. (…) Si quelqu’un fait une erreur, je le materai sans état d’âme », a-t-il déclaré.
Sur le plan sécuritaire, M. Traoré a estimé que la situation s’était améliorée depuis son arrivée au pouvoir, citant notamment la réouverture d’axes routiers auparavant sous la menace des groupes armés.
Il a appelé les populations à poursuivre leur mobilisation et assuré que « l’ennemi ne peut pas nous vaincre ».
Abordant la question religieuse, le président a attribué le terrorisme à « l’extrémisme » et promis de poursuivre les mesures contre les discours radicaux.
Il a indiqué que le gouvernement ferait appel à des « imams modérés » pour former leurs pairs et annoncé son intention de renforcer la formation religieuse au Burkina Faso.
Le chef de l’État s’est également inquiété de la présence de « plus de 800 Burkinabés» en formation dans des pays arabes, affirmant vouloir les faire revenir au pays.
Sur le plan social, Ibrahim Traoré a réaffirmé sa volonté d’améliorer l’accès à l’eau potable, estimant que les ressources nationales devaient répondre en priorité aux besoins essentiels des populations, notamment des femmes contraintes de longues attentes aux points d’eau.
Le président du Faso effectuait jeudi une visite de travail dans la région du Yaadga, où il a échangé avec les autorités coutumières et les forces vives locales, selon la présidence burkinabè.
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