L’épidémie de choléra poursuit sa progression au Tchad avec 239 cas cumulés et 13 décès depuis la mi-juin, tandis que les autorités sanitaires intensifient la riposte, notamment à N’Djaména où la létalité demeure particulièrement élevée.
L’épidémie de choléra qui sévit au Tchad depuis la mi-juin continue de s’étendre. Selon le dernier rapport de situation (SITREP n°029) du ministère de la Santé publique, couvrant la période du 2 au 3 août, le pays totalise désormais 239 cas confirmés et 13 décès, après l’enregistrement de onze nouveaux cas et d’un décès en 48 heures. Le taux de létalité national s’établit à 5,4 %, largement au-dessus du seuil de 1 % considéré comme acceptable.
L’épidémie a débuté le 13 juin dans la localité de Karal, dans la province du Hadjer Lamis, où deux cas suspects avaient été signalés. Les analyses effectuées le 16 juin ont confirmé la présence du Vibrio cholerae O1 Ogawa, avant que la maladie ne gagne la capitale à partir du 19 juillet. Trois cas suspects avaient alors été détectés dans le district sanitaire de N’Djaména Nord, avec une confirmation biologique le 21 juillet. Les autorités ont officiellement déclaré l’épidémie à N’Djamena le 24 juillet.
Si Karal demeure le principal foyer avec 168 cas cumulés, la situation préoccupe davantage dans la capitale, où 72 cas et 8 décès ont été recensés. N’Djamena affiche ainsi un taux de létalité de 11,11 %, supérieur à la moyenne nationale. Le district de N’Djaména Centre enregistre la létalité la plus élevée (18,8 %), tandis que N’Djaména Nord reste le foyer le plus actif avec les onze nouveaux cas signalés au cours des dernières 48 heures.
L’épidémie touche désormais deux provinces, trois districts sanitaires et 44 villages ou quartiers répartis dans huit zones de responsabilité active, dont Karal 1, Karal 2, Baltram, Alkouk, Djougoulié, Madjorio, Farcha et Mara.
Sur le plan clinique, 212 patients, soit 89 % des cas, ont été déclarés guéris, tandis que 6 % restent hospitalisés. Les autorités relèvent toutefois que cinq des treize décès sont survenus au sein des communautés, sans prise en charge médicale préalable, illustrant les difficultés persistantes de détection précoce des cas.
Face à cette évolution, le gouvernement a renforcé la riposte avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), de l’UNICEF, de Médecins sans frontières (MSF) et de la Croix-Rouge du Tchad, sous la coordination du Comité opérationnel de la surveillance et de la préparation (COUSP).
Cinq établissements de santé assurent actuellement la prise en charge des malades, tandis que 28 agents de santé ont été formés à la gestion du choléra et 63 autres prestataires sensibilisés aux protocoles de prise en charge.
La campagne de vaccination se poursuit dans le district de N’Djamena Nord, où elle cible 160 922 personnes. À ce stade, 50 799 personnes ont reçu une dose de vaccin, représentant une couverture globale de 31,57 %.
Parallèlement, les équipes de lutte contre les infections ont désinfecté 847 ménages dans les zones affectées, tandis que les actions de sensibilisation communautaire se poursuivent avec la participation du Conseil national de la Jeunesse du Tchad et de l’ONG Almoussada dans plusieurs quartiers de la capitale.
CA/te/Sf/APA






