Le gouvernement tunisien a présenté les grandes orientations du projet de loi de finances 2027, multipliant les priorités économiques et sociales dans un contexte international incertain, sans toutefois dévoiler à ce stade les moyens financiers nécessaires à leur réalisation.
La cheffe du gouvernement tunisien, Sara Zaâfrani Zenzri, a présidé mardi 4 août à La Kasbah un conseil ministériel restreint consacré au projet de budget 2027, inscrit dans le plan de développement 2026-2030 et les orientations du président Kaïs Saïed.
L’exécutif affirme vouloir privilégier la création de valeur, l’équité territoriale et une gestion des ressources davantage fondée sur les capacités nationales. Cette stratégie intervient toutefois dans un environnement décrit comme difficile, marqué par les tensions géopolitiques, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et la volatilité des prix de l’énergie et des matières premières.
Le gouvernement place notamment au premier rang de ses priorités les sécurités alimentaire, hydrique, énergétique et pharmaceutique. Le futur budget doit également renforcer la protection des ménages à faibles revenus, poursuivre la réforme des systèmes de santé et de protection sociale et accélérer la restructuration des entreprises publiques.
La feuille de route apparaît particulièrement ambitieuse. Tunis veut simultanément relancer l’investissement public et privé, intégrer davantage le secteur informel, améliorer l’équité fiscale, favoriser l’emploi des diplômés du supérieur, accélérer la transition numérique et développer les énergies renouvelables.
Mais l’accumulation de ces objectifs pose surtout la question de leur financement et de leur mise en œuvre. À ce stade, les orientations présentées ne permettent pas de mesurer précisément les ressources budgétaires qui seront mobilisées, ni les arbitrages nécessaires entre soutien social, investissement, fonctionnement de l’État et restructuration du secteur public.
La ministre des Finances, Michkat Salama El Khaldi, a présenté lors de la réunion un rapport sur l’exécution du budget 2026 ainsi que les perspectives macroéconomiques pour 2027, mettant en avant la résistance de l’économie tunisienne face aux incertitudes.
Le projet de loi de finances 2027 constituera ainsi un test important pour le gouvernement : transformer une longue liste de priorités politiques en mesures effectivement financées, alors que l’exécutif entend simultanément renforcer le rôle social de l’État, stimuler l’investissement et préserver les équilibres économiques.
MK/AK/Sf/APA







