La Banque mondiale a approuvé le financement d’un nouveau cadre de partenariat stratégique avec le Maroc, assorti d’un financement à hauteur de 15 milliards de dollars.
Le Groupe de la Banque mondiale a présenté jeudi à Rabat son nouveau Cadre de partenariat stratégique (CPF) avec le Maroc pour la période 2026-2035, un programme assorti d’engagements indicatifs de 15 milliards de dollars qui marque un recentrage de la coopération vers le développement du secteur privé, l’amélioration de la productivité et la création d’emplois.
En effet, après deux décennies d’appui aux infrastructures et aux réformes, le Groupe de la Banque mondiale estime que le Maroc entre dans une nouvelle phase de développement, davantage centrée sur la productivité, le secteur privé et la création d’emplois.
Le nouveau cadre ouvre une nouvelle phase dans les relations entre le Maroc et l’institution de Bretton Woods, après deux décennies largement consacrées au financement des infrastructures, des réformes institutionnelles et des investissements publics. Selon les responsables de la Banque mondiale, le Royaume dispose désormais de bases économiques solides, mais doit transformer ces acquis en une croissance davantage portée par l’innovation, la compétitivité et les entreprises.
« Un modèle de croissance différent est nécessaire pour prendre le relais. Il doit être davantage tiré par le secteur privé, davantage fondé sur la productivité que sur le volume d’investissement », a déclaré Ahmadou Moustapha Ndiaye, directeur de division de la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte, lors de la présentation du programme. Il a estimé que l’enjeu était désormais de mieux valoriser les investissements réalisés et de renforcer l’intégration des entreprises marocaines dans les chaînes de valeur.
Le nouveau partenariat s’appuie notamment sur les conclusions de deux rapports publiés en mai par la Banque mondiale et la Société financière internationale (IFC), qui relèvent que le niveau élevé d’investissement public enregistré par le Maroc ne se traduit pas encore suffisamment par des gains de productivité ni par une création d’emplois à la hauteur des attentes. Les deux institutions identifient également le chômage des jeunes, la faible participation des femmes au marché du travail et la taille encore limitée du secteur privé comme des freins au potentiel de croissance.
Le CPF s’articule autour de trois priorités: renforcer la compétitivité des entreprises, favoriser des territoires plus résilients et inclusifs, et développer le capital humain. L’emploi constitue l’objectif transversal de cette stratégie, élaborée à l’issue de consultations avec les autorités marocaines, le secteur privé et la société civile.
Le Groupe de la Banque mondiale a également annoncé que la Banque mondiale, l’IFC et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) interviendront désormais dans le cadre d’une approche commune, destinée à mobiliser conjointement financements publics, investissements privés et garanties. Le cadre sera révisé chaque année à travers un plan d’action afin d’adapter les interventions aux priorités du gouvernement marocain et à l’évolution de la conjoncture.
L’IFC a, pour sa part, indiqué avoir engagé 2,7 milliards de dollars au Maroc au cours des deux dernières années. Son représentant régional pour le Maghreb, David Tinel, a estimé que l’accélération de l’investissement privé constituait une condition essentielle pour soutenir la croissance et favoriser la création d’emplois.
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