Face à une forte mortalité routière, le Parlement algérien adopte une réforme du Code de la route censée endiguer un fléau qui continue de faire des milliers de victimes chaque année.
L’Assemblée populaire nationale (APN) a adopté une nouvelle mouture du Code de la route, présentée par le gouvernement comme un instrument destiné à renforcer la sécurité routière en Algérie. Cette réforme intervient dans un contexte marqué par une forte mortalité sur les routes du pays, les autorités évoquant la nécessité d’un durcissement du cadre juridique face à un phénomène qualifié par certains responsables de «tragédie nationale».
Selon les données officielles, les accidents de la circulation ont causé la mort de 3 838 personnes et fait 37 020 blessés en 2025, soit une hausse de 1,95 % des décès et de 2,68 % des accidents par rapport à 2024. Sur la seule dernière semaine, les services de sécurité ont recensé 52 morts et 1 659 blessés, un bilan qui illustre l’ampleur d’un phénomène régulièrement dénoncé, mais rarement maîtrisé.
Les autorités attribuent 96 % des accidents au facteur humain, notamment l’excès de vitesse, les dépassements dangereux et le non-respect des règles de circulation.
La réforme législative s’inscrit dans la volonté affichée par le président Abdelmadjid Tebboune de renforcer l’arsenal juridique en matière de sécurité routière. Lors d’un Conseil des ministres, le chef de l’État avait appelé à une refonte du dispositif réglementaire pour mettre fin à ce qu’il a décrit comme une «tragédie qui tue nos enfants».
Le texte a été porté par le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, qui a défendu un cadre législatif reposant sur des mécanismes institutionnels et des règles plus strictes pour encadrer la conduite.
L’adoption du texte n’a toutefois pas été sans tensions. Une première version avait été validée par l’APN avant d’être partiellement renvoyée par le Conseil de la nation, qui avait demandé la révision de 11 articles. Les dispositions contestées ont ensuite été examinées par une commission paritaire début 2026, à la suite de protestations des transporteurs, inquiets de sanctions jugées trop sévères. Certaines formulations ont été modifiées et plusieurs termes liés à la criminalisation des infractions ont été retirés.
Dans un contexte de contestation, le ministre de l’Intérieur a rencontré les représentants syndicaux du secteur afin d’expliquer les nouvelles dispositions et de les rassurer sur l’esprit du texte, affirmant que le projet avait été débattu «en toute démocratie».
Cette démarche illustre toutefois les difficultés récurrentes des autorités à imposer des réformes structurelles dans un secteur où les dysfonctionnements – vétusté d’une partie du parc automobile, défaillances mécaniques ou infrastructures insuffisantes – sont régulièrement pointés.
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