Le 17e Forum MEDays s’est ouvert à Tanger, réunissant plus de 7 000 participants venus de plus de 120 pays pour aborder ce que les organisateurs appellent un monde de fractures et de polarisation.
Cette réunion de quatre jours, qui se déroule jusqu’au 29 novembre, rassemble des présidents, des premiers ministres et 300 intervenants de haut niveau dans la ville portuaire du nord du Maroc pour discuter de la redéfinition des dynamiques de pouvoir mondiales.
Brahim Fassi Fihri, président et fondateur de la Fondation MEDays Forum, a présenté ce rassemblement comme une plateforme pour les nations qui refusent de rester passives face à la construction de leur avenir. « Nous vivons une époque de fractures – fractures politiques, fractures sociales, fracture de la confiance », a-t-il déclaré lors de la cérémonie d’ouverture.
Ce forum intervient alors que le Maroc obtient un soutien international à sa position sur le Sahara. Fassi Fihri a rappelé la récente victoire diplomatique du Maroc, la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en octobre, reconnaissant le plan d’autonomie marocain comme la solution « la plus réalisable » au conflit territorial qui dure depuis des décennies au Sahara occidental.
« Plus de 120 pays soutiennent officiellement le plan marocain. Plus de 30 consulats ont ouvert leurs portes à Laâyoune et à Dakhla », a-t-il déclaré, citant les récentes ouvertures en Gambie et au Libéria.
Le président gambien Adama Barrow a rappelé l’ouverture du consulat général de son pays à Laâyoune en janvier 2020, reflétant « la conviction de son pays que le Sahel marocain fait partie intégrante du patrimoine national du Royaume ».
Il a ajouté que la récente résolution 2797 de l’ONU « reflète la position de l’Afrique selon laquelle la paix se construit sur le dialogue et le respect mutuel ».
L’Initiative atlantique du Maroc, lancée par le roi Mohammed VI en 2023, vise à connecter les pays du Sahel — dont le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Tchad et la République centrafricaine — à l’océan grâce aux infrastructures marocaines.
Le président libérien Joseph Nyuma Boakai a lancé un défi direct aux structures de pouvoir mondiales.
« Les richesses naturelles de l’Afrique enrichissent davantage les autres que notre peuple. Les politiques qui façonnent notre avenir sont parfois conçues sans la participation des Africains », a-t-il déclaré.
Ajoutant que « L’Afrique ne doit pas se considérer comme un objet, mais comme un architecte façonnant son propre destin. »
Boakai a appelé à l’unité sur quatre fronts : la géopolitique, la sécurité, la gouvernance économique et l’intégration régionale. « Aucune nation ne s’est développée en se basant uniquement sur l’exportation de matières premières. L’Afrique doit rompre avec cette situation », a-t-il déclaré.
Il a exhorté les investisseurs à soutenir les industries de transformation des minéraux et de développement économique plutôt que l’extraction des ressources.
« Lorsque les investisseurs s’adaptent, les Africains ne sont plus de simples spectateurs, mais des acteurs à part entière », a-t-il expliqué.
Le Premier ministre grenadien, Dickon Mitchell, a attiré l’attention sur les conséquences dévastatrices du changement climatique pour les petits États insulaires. Il a décrit sa rencontre avec des responsables jamaïcains après le passage d’un ouragan de catégorie 5 qui a causé 68 milliards de dollars de dégâts et déplacé plus de 900 000 personnes.
Son propre pays, la Grenade, a perdu la quasi-totalité de son parc immobilier sur deux de ses trois îles lors d’un ouragan, quatre mois avant le forum de l’année dernière.
« Le changement climatique n’est pas un scénario futur. Ce n’est plus un phénomène de mode. C’est une réalité vécue », a déclaré Mitchell.
« Lorsque nous parlons de réinventer l’équation mondiale, nous parlons du point de vue des pays pour qui la politique climatique mondiale est une question de survie », dira-t-il.
Le forum, souvent surnommé le « Davos africain », se conclura le 29 novembre par la remise des prix MEDays récompensant les contributions à la coopération internationale.
Ce rassemblement positionne le Maroc comme un pont entre les continents et un chef de file de la coopération Sud-Sud, à un moment où les institutions mondiales traditionnelles sont confrontées à des défis croissants.
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