Face à la pression croissante des crises multiples et aux déficits de couverture sociale, six pays pilotes expérimentent de nouveaux outils numériques pour rendre leurs systèmes plus inclusifs et résilients.
Des responsables politiques d’Afrique, d’Asie et du Pacifique participent cette semaine à Livingstone à un atelier interrégional visant à améliorer les systèmes de protection sociale grâce aux données numériques et aux nouveaux outils d’analyse.
Cette rencontre de trois jours (8-10 juillet), organisée conjointement par le gouvernement zambien, Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies (UN DESA, sigle anglais), la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et la Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (CESAP), intervient dans un contexte de crises multiples où près de 2 milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès à la protection sociale.
Les chiffres révèlent l’ampleur du défi. Si 47,6 % de la population mondiale manque de protection sociale, la situation est encore plus critique en Afrique où seuls 19 % des habitants bénéficient d’au moins une prestation. En Zambie, pays hôte, près de la moitié de la population vit dans une pauvreté multidimensionnelle, souligne la note parvenue ce mercredi à APA.
« Le monde est confronté aux effets persistants des crises alimentaire, énergétique et financière, mais aussi à un ensemble de défis de plus en plus complexes », a indiqué Angela Kawandami, secrétaire permanente du ministère zambien du Développement communautaire.
Nouveaux outils numériques
L’atelier présente plusieurs innovations technologiques, notamment l’indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM), les registres numériques OpenIMIS et un prototype de tableau de bord de la CEA qui relie les statistiques de pauvreté aux indicateurs de crise en temps réel.
« Nous construisons un outil qui va au-delà des moyennes de pauvreté. Il relie les données multidimensionnelles sur la pauvreté aux informations en temps réel sur les crises », a expliqué Christian Oldiges, chef de la Section des politiques sociales à la CEA.
Cette rencontre s’inscrit dans un projet conjoint (2024-2027) impliquant six pays : la Zambie, le Sénégal, la Tanzanie, la Namibie, le Cambodge et les Maldives. L’objectif est de créer des systèmes de protection sociale plus réactifs face aux chocs économiques et climatiques.
L’atelier prépare également le deuxième Sommet mondial pour le développement social prévu à Doha en novembre, qui doit faire avancer le Pacte pour l’avenir récemment adopté.
ARD/ac/Sf/APA







