Lors de sa rencontre à Carthage avec la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni, le président tunisien Kaïs Saïed a tenu un discours frontal sur les questions migratoires et les droits des Palestiniens, dénonçant à la fois l’instrumentalisation des migrants et les « crimes d’occupation » à Gaza.
Le président Kaïs Saïed a reçu, jeudi 31 juillet 2025, la présidente du Conseil des ministres italien Giorgia Meloni au Palais de Carthage. Si la rencontre a permis de réaffirmer une volonté commune de coopération bilatérale dans les domaines de l’énergie, de l’agriculture, de la santé et du transport, c’est surtout la question migratoire qui a dominé les échanges, dans un ton particulièrement direct adopté par la partie tunisienne.
Kaïs Saïed a réitéré son refus catégorique de voir la Tunisie devenir « un lieu de transit ou d’accueil » pour les migrants en situation irrégulière, tout en dénonçant les réseaux criminels qui exploitent ces personnes, parfois jusque dans leur intégrité physique. Il a insisté sur la nécessité de mettre en place des ponts aériens pour organiser les retours volontaires, et a déclaré que la Tunisie avait agi de manière « humaine » lors du démantèlement de plusieurs camps. « Aucun État ne peut tolérer sur son sol des personnes en dehors de ses lois », a-t-il affirmé, tout en accusant l’ordre international d’hypocrisie, en laissant les pays du Sud gérer seuls une crise aux racines globales.
Au-delà de la coopération bilatérale, le chef de l’État tunisien a vivement dénoncé les « crimes de génocide » perpétrés selon lui par les « forces d’occupation sionistes » à Gaza. Il a accusé Israël de mener une guerre d’anéantissement contre le peuple palestinien, allant jusqu’à l’affamer et le priver d’eau. Le président tunisien a souligné l’effondrement de la légitimité internationale face à « une légitimité humaine émergente », incarnée par les mouvements populaires mondiaux de soutien à la Palestine.
Kaïs Saïed a réaffirmé que la Tunisie soutient le droit inaliénable du peuple palestinien à établir un État indépendant sur l’ensemble du territoire palestinien, avec El-Qods comme capitale. Il a appelé à ne pas céder à l’oubli ou à l’érosion de ce droit, quels que soient les rapports de force actuels.
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