Après des annonces record lors de la foire commerciale africaine, le président algérien presse les entreprises de transformer intentions et contrats en résultats tangibles.
Le président Abdelmadjid Tebboune a exhorté jeudi les opérateurs économiques algériens à « passer à l’action » et à concrétiser les accords annoncés lors de la Foire du commerce intra-africain (IATF 2025), tenue début septembre à Alger. Derrière le triomphalisme officiel, les observateurs soulignent que la plupart des engagements ne sont encore que des intentions et que l’économie nationale reste fortement dépendante des hydrocarbures.
Lors de la rencontre organisée au Centre international des conférences, le chef de l’État a qualifié l’événement de « succès au-delà des prévisions ». Selon les chiffres avancés par le ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf, la valeur totale des transactions atteindrait 48,3 milliards de dollars, dont 23 milliards imputés aux opérateurs algériens. Mais sur ce montant, seuls 11,4 milliards correspondent à des contrats signés, le reste n’étant que des protocoles d’intention au caractère incertain.
Le président a insisté sur la nécessité d’inscrire ces engagements dans la durée, exhortant les entrepreneurs à ne pas se limiter à des relations « conjoncturelles ». Il a aussi présenté la foire comme une vitrine de « la qualité du produit algérien », censée convaincre les marchés africains et internationaux.
Cette rhétorique de succès masque toutefois les limites structurelles du modèle algérien : la bureaucratie demeure un frein majeur aux investissements, les exportations hors hydrocarbures peinent à dépasser une part marginale, et la compétitivité réelle des entreprises reste fragile face à leurs concurrentes régionales. Malgré les discours sur la diversification, le pays tire encore plus de 90 % de ses recettes extérieures des ventes de pétrole et de gaz.
En déclarant qu’« un État fort est celui qui dispose d’une économie forte, d’une armée forte et d’un peuple patriote », Abdelmadjid Tebboune a cherché à donner une portée politique à cet appel. Mais la concrétisation des contrats annoncés et la capacité des entreprises algériennes à réellement s’imposer sur le marché africain restent à démontrer.
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