L’Alliance fleuve Congo (AFC/M23) accuse le régime de Kinshasa de graves violations du cessez-le-feu, tout en rappelant son récent retrait de Walikale pour favoriser les initiatives de paix dans l’est de la RDC.
Les efforts visant à restaurer la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo risquent-ils d’être compromis ? L’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) a publié un communiqué jeudi 10 avril 2025, dénonçant de multiples violations des droits humains et du cessez-le-feu par les forces coalisées du régime de Kinshasa. Selon l’AFC, les forces de la coalition, incluant les FARDC, les FDLR, les Mai-Mai, les Wazalendo et des troupes burundaises, ont repris des positions dans les zones de Walikale, Masisi et Walungu, en violation des engagements pris.
Le communiqué parvenu à APA, met également en lumière des attaques ciblées contre les Banyamulenge à Minembwe, notamment les 8 et 10 avril, dans les zones de « Point Zéro », « Bilalombili », Rugazi, Kivumu et Gahwera, causant morts, pillages et destructions.
L’AFC/M23 appelle à une résolution pacifique de la crise en République démocratique du Congo (RDC), réaffirme son engagement à protéger les civils, et met en garde contre les « fausses informations » diffusées par Kinshasa. Le document, signé par Bertrand Bisimwa, président de l’AFC, a été publié depuis Goma.
Le mouvement rebelle qui contrôle plusieurs localités dans l’est congolais, avait annoncé hier, 9 avril 2025, le retrait de ses forces de Walikale et des zones environnantes dans le Nord-Kivu, dans le cadre du cessez-le-feu unilatéral déclaré le 22 février 2025. Cette décision faisait suite à la déclaration conjointe signée le 18 mars 2025 à Doha entre la RDC, le Rwanda et le Qatar, sous l’égide de l’Émir Cheikh Tamim bin Hamad Al-Thani.
Lors de ce sommet, les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame s’étaient engagés à un cessez-le-feu immédiat. Dans un communiqué du 22 mars émis depuis Goma, l’AFC avait déclaré : « Dans le souci de favoriser des conditions propices aux initiatives de paix et à un dialogue politique, l’Alliance Fleuve Congo décide de repositionner ses forces de Walikale et de ses environs. »
Les FARDC ont pris acte de ce retrait, déclarant qu’elles observeraient « avec vigilance » le repositionnement des forces de l’AFC jusqu’à l’est de Kibati, tout en s’engageant à éviter des actions offensives. Cependant, les deux parties ont émis des avertissements : l’AFC menace d’annuler sa décision en cas de provocation, tandis que les FARDC se réservent le droit d’intervenir face à tout mouvement hostile.
Par ailleurs, le Togo a salué, lundi 7 avril, la proposition de l’Union africaine (UA) de confier au président Faure Essozimna Gnassingbé la médiation dans le conflit entre la RDC et le Rwanda, après le retrait annoncé du président angolais João Lourenço de ce rôle.
Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a confirmé la disponibilité de Gnassingbé pour contribuer à la paix. Cette candidature, qui doit encore être validée par l’UA, s’inscrit dans un effort multilatéral incluant le 2ᵉ Sommet conjoint de l’EAC et de la SADC, qui a désigné cinq anciens chefs d’État africains comme facilitateurs pour la crise.
AC/Sf/APA







