La Haute Cour militaire de Kinshasa doit rendre ce mardi son verdict dans le procès de l’ex-président Joseph Kabila, poursuivi pour trahison et crimes de guerre.
La Haute Cour militaire de Kinshasa rendra son verdict ce mardi 30 septembre concernant l’ancien président congolais Joseph Kabila, selon Radio Okapi.
Le prononcé du jugement, initialement fixé au 12 septembre, avait été différé suite à une demande des parties civiles – la République démocratique du Congo et les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu – qui souhaitaient la reprise des débats.
Au terme des plaidoiries, le procureur général Lucien René Likulia a sollicité la condamnation à mort de l’ancien chef d’État. Les charges retenues contre lui comprennent la trahison, les crimes de guerre, l’organisation d’un mouvement insurrectionnel et le complot. L’accusation le présente comme le cerveau derrière les violences perpétrées par les rebelles de l’AFC/M23 dans l’Est du pays, notamment des assassinats, des viols, des déportations et des destructions.
Le parquet réclame également 20 ans d’emprisonnement pour apologie de crimes de guerre, 15 ans pour complot, ainsi qu’un mandat d’arrêt immédiat, le gel des avoirs de l’ancien président et sa condamnation aux dépens avec contrainte par corps. De leur côté, les parties civiles exigent plus de 24 milliards de dollars de dommages et intérêts pour préjudices subis par l’État congolais.
Joseph Kabila, qui conteste tout lien avec le M23, avait quitté le territoire national en 2023 et n’a pas comparu lors des audiences. Il est rentré en RDC en mai 2025, se rendant notamment à Goma, dans l’est du pays, où il a rencontré des autorités locales et présenté un programme en 12 points visant à rétablir l’autorité étatique et à faire cesser les violences. Les poursuites ont été rendues possibles après que le Sénat a levé son immunité parlementaire en mai 2025.
Ce procès par contumace fait l’objet d’une attention soutenue tant au niveau national qu’international. L’entourage de Joseph Kabila y voit une persécution à caractère politique, ses sympathisants y décelant une manœuvre destinée à neutraliser une figure influente de la scène politique congolaise. Selon Radio Okapi, le verdict de ce mardi pourrait marquer un tournant historique pour l’appareil judiciaire du pays.
AC/Sf/APA






